Quand le deuil s’invite dans notre vie, notre monde intérieur bascule et s’effondre. La terre chavire sous nos pieds. Un tsunami de sentiments envahit notre être, nous renvoyant tantôt à notre solitude, tantôt au passé des jours heureux, et bien souvent à notre désarroi.
Un peu comme l’arc-en-ciel, notre chagrin nous en fait voir de toutes les couleurs.
Le choc et la peine
Que le décès fasse partie du processus de la vie, qu’il soit soudain ou après une phase plus ou moins longue de maladie, il y aura toujours cette première phase très douloureuse : le départ d’un être cher et irremplaçable à nos yeux.
Le temps sacré de l’enterrement fait écho à l’élément terre.
« Tu es né poussière et retourneras poussière », disait Moïse.
Et la question qui s’impose parfois à nous est : pourquoi ?
Le déni
Non, non et non, cela ne devait pas se passer ainsi.
Non, c’est impossible. Cela doit être un cauchemar.
Non, je vais bien. J’arrive à faire face. Je suis fort.
Comme une tendance à poser un couvercle sur une marmite en ébullition pour éviter que l’eau ne déborde. Le temps où nous n’écoutons plus notre peine de cœur, de peur de nous effondrer.
Vivre et accueillir la douleur
Toutes les phases sont normales. Chacun vivra le processus à sa manière. Et viendra le temps où nous ne minimisons plus les faits, où nous ne renions plus nos sentiments et émotions pour mieux les accueillir.
Sous l’emprise des injonctions sociales d’aller vite, ou sous le prétexte que la mort fait partie de la vie, qu’un homme ne pleure pas, qu’il s’agissait d’un animal de compagnie… la liste peut être longue. L’être humain a tendance à faire bonne figure en refoulant ses émotions.
Mais l’arc-en-ciel n’est-il pas un pont coloré entre le ciel et la terre ?
Des solutions existent. Ne restons pas seuls. Poser des mots sur les maux fait partie du processus de deuil qui mène à l’apaisement de l’âme.
La colère
Au même titre que les autres étapes, il est important de vivre pleinement ce sentiment qui a quelque chose à nous dire. La colère fait partie intégrante de la phase de délivrance dans ce cycle de vie inconfortable, qui peut basculer dans la nuit noire de l’âme si cette émotion n’est pas exprimée.
Mais vigilance : restons sur nos gardes. Notre plus grand adversaire peut être nous-même. Rester bloqué trop longtemps à cette étape isole, altère les liens et coupe de notre être profond.
La colère mène à la guerre. Une guerre intérieure qui envahit d’abord notre être, puis se diffuse au fil du temps dans l’espace : dans les respirations, le vent, les pensées, les mots, les maux non exprimés, les actes issus de la contrariété, du désir de vengeance ou du pardon retenu.
À terme, la colère devient dévastatrice.
L’acceptation
À cette phase, bien des choses ont évolué, bien des chapitres se sont clôturés et l’eau a suivi son chemin sous les ponts.
Le passé devient la fin d’un cycle, riche de souvenirs. Le présent reprend sa place, tel un cadeau oublié. La vie retrouve son mouvement. Et l’avenir, encore incertain, devient plus supportable après cette transformation intérieure.
À ce stade, lorsque nous fermons les yeux, nous percevons autrement les instants simples de la vie. L’équilibre reprend sa place.
Un nouveau cycle se met en place
Comme un renouveau, dont la racine évoque le fait de renouer, un nouveau chapitre de vie commence.
La roue tourne et la vie continue.
Après une période de noirceur, les couleurs reviennent. De nouvelles habitudes s’ancrent en nous.
Nous n’oublions pas. Nous apprenons à vivre avec.
Aux dates clés
Il est précieux de se recueillir en déposant des fleurs sur une tombe pour honorer la mémoire de nos défunts.
Pour ma part, aux dates anniversaires et lorsque la mélancolie traverse mon être, j’allume une bougie blanche. Après un temps de recueillement où je prends le temps de remercier la personne ou l’animal concerné, je me centre sur les battements de mon cœur et je le remplis d’amour que j’envoie dans l’air, vers l’invisible, avec la certitude que cet amour trouvera son chemin.
🌸 Le deuil n’efface pas l’amour. Il le transforme, le déplace, et parfois le rend encore plus vivant dans l’invisible.
🌸 Tout cela me renvoie aux fleurs qui puisent leur force dans la terre. Ces fleurs, qui apaisent l’âme et le corps, célèbrent, honorent et portent en elles la sagesse des souvenirs.
🌸 Avez-vous déjà eu l’impression de vivre plusieurs vies en une vie ?