
Il est question ici de la sagesse ancestrale des peuples d’Amérique pour cultiver la terre en prenant soin du sol et des cycles, et en préparant l’arrivée des saisons plus froides où la nature se repose.
Savoirs ancestraux des peuples d’Amérique pour prendre soin de la Terre
Les peuples autochtones d’Amérique portent une vision ancienne : la Terre n’est pas une ressource, c’est un être vivant, une mère nourricière à qui l’on rend ce que l’on prend. Leurs pratiques agricoles, spirituelles et communautaires reposent sur l’observation, le respect et l’équilibre.
Dans la plupart des nations d’Amérique, la Terre est appelée Mother Earth ou Pachamama.
La Terre nourricière : une relation sacrée
Dans leur vision des choses, la Terre et la terre sont des êtres vivants qui peuvent s’épuiser. Le proverbe « La terre ne nous appartient pas, ce sont nos enfants qui nous la prêtent » ancre leur philosophie de vie.
Voici des principes fondamentaux transmis de génération en génération :
• Tout est vivant : les plantes, les pierres, les rivières.
• Toute action doit être pensée sur sept générations.
• On remercie avant (lors de la semence), pendant et après chaque récolte.
Les offrandes : rendre ce que l’on prend
Avant de planter, on offre :
• du tabac,
• de la farine de maïs, du maïs,
• des fleurs,
• ou une prière.
Des actions et gestes qui rappellent que la Terre donne, mais qu’elle mérite gratitude et soin.
L’agriculture en syntropie : une technique ancestrale qui régénère les sols
Les Trois Sœurs, un mariage de trois graines de maïs, haricot et courge, et l’alliage d’une culture en « tipi ».
Dans un premier temps, la graine de maïs absorbe rapidement l’eau et bientôt sa mince tige sort du sol. Puis la tigelle du haricot apparaît à son tour. La liane duveteuse du haricot vient s’enrouler autour du maïs au moment où la citrouille émerge du sol (car les courges ne se précipitent pas même si elles courent sur la terre). Les cotylédons (les feuilles primordiales) des haricots forment une réserve de protéines, lipides et sucres, et le moment venu, le maïs sécrète une hormone pour attirer les abeilles qui assurent la pollinisation.
Pourquoi elles fonctionnent ensemble ?
• Le maïs forme une tige solide qui sert de tuteur naturel et attire les abeilles en sécrétant une hormone.
• Le haricot enrichit le sol en azote grâce à ses racines et forme une réserve de protéines, lipides et sucres.
• La courge couvre le sol, garde l’humidité et empêche les herbes envahissantes.
Cette association crée un écosystème autosuffisant où chaque plante soutient les autres.
Le jardin-forêt amazonien : la biodiversité comme outil agricole
Les peuples amazoniens cultivaient des jardins mêlant :
• arbres fruitiers,
• plantes médicinales,
• légumes ou fleurs comme répulsifs naturels,
• légumes sauvages.
De ce fait, la terre restait fertile et saine.
Les mounds : petites buttes protectrices et fertiles
Les Nations du Nord utilisaient des buttes de terre enrichies.
Elles permettaient :
• le drainage naturel,
• la conservation de la chaleur,
• une meilleure aération du sol,
• la protection contre les ruissellements.
Ces techniques astucieuses luttaient activement contre les petites inondations tout en s’accommodant de la météo.
Observer la nature pour s’en rapprocher
Les peuples autochtones ne « planifiaient » pas. Bien au contraire, ils observaient la nature :
• la migration des animaux,
• les cycles lunaires,
• la position du soleil,
• les indices envoyés par les plantes.
Ces signaux déterminaient le moment idéal pour semer, récolter, fêter la moisson ou laisser le sol au repos.
L’importance du non-labour : respecter les couches du sol sans creuser
Les peuples d’Amérique savaient que retourner la terre la blesse.
Ils pratiquaient :
• un grattage léger,
• l’ajout de matières organiques,
• des couches de feuilles, d’écorces et de débris végétaux.
Cette méthode préserve :
• les micro-organismes,
• les vers,
• l’équilibre de l’humus,
• la structure du sol.
Une vision inspirante pour l’écosystème.
Le brûlis rituel : un feu qui prend soin
Dans plusieurs nations, le feu est un allié sacré.
Pas un feu destructeur, mais un feu doux, contrôlé, nourri par une intention de sauvegarde.
Ses buts :
• stimuler la germination,
• limiter les maladies,
• enrichir la terre en minéraux (notamment la terra preta, appelée la terre noire des anciens, peut-être un composant que nous redécouvrons aujourd’hui : le biochar),
• réduire le risque de mégafeux.
Ce geste s’accompagnait toujours d’une prière ou d’un chant pour honorer la terre.
Une sagesse pour notre époque
Les savoirs autochtones nous invitent à :
• ralentir,
• observer,
• écouter,
• respecter les cycles naturels tout en nous y connectant.
Ils montrent qu’une agriculture équilibrée repose sur la coopération et non l’exploitation.
🌺 Une terre respectée est une terre florissante qui nourrit tout le monde. Une Terre angoissée tremble comme tout un chacun.
Pour poursuivre cette pensée, je vous invite à lire : https://www.aiyanacatori.fr/la-fievre/