La tisane

La tisane de nos grand-mères. Une boisson humble qui traverse les siècles.

Des remèdes, des habitudes qui se transmettent de génération en génération, des rituels ancestraux, une composition florale séchée qui bout dans les fourneaux. Une partition sensorielle mêlée au chant de l’eau qui frémit dans la bouilloire ou la casserole, et à la douce fragrance des plantes chauffées, exaltant nos narines comme une approbation à prendre soin de soi et de la maison.

Une pause pour soi, un instant de bien-être, prendre soin de soi. Un acte à apprécier dans la certitude d’accueillir ses vertus.

L’astuce consiste à se rappeler l’alchimie avec l’eau, qui n’agira pas de la même façon selon la température. Nous pourrions comparer cela, dans un autre registre, aux vertus de la douche chaude et de la douche froide chez l’homme.

La tisane (infusion) : la préparation à base de plantes séchées reste froide. Il suffit d’ajouter de l’eau chaude (environ 80 °C) et de patienter entre deux et quinze minutes avant de boire la solution aqueuse.

La décoction : la préparation de plantes est recouverte d’eau froide, puis portée à ébullition pendant quinze à trente minutes (lisez bien les instructions indiquées sur l’emballage).

La macération : tout reste à température ambiante et l’on laisse macérer pendant trente minutes à quatre heures (en fonction de la plante).

Le tour est joué, vous voilà dans le grand bain ! Assurez-vous de respecter le bon dosage. De manière générale, chaque préparation est à boire dans la journée.

Il est préférable de choisir un produit de qualité car, comme pour les épices, il arrive que de la poussière — une matière gratuite qui s’immisce dans les matières broyées — y soit ajoutée, histoire d’alourdir la balance en votre défaveur.

Les plantes ne sont pas des médicaments à proprement dit, mais elles contiennent des principes actifs, accumulés grâce au phénomène de photosynthèse — l’alchimie de l’eau, du soleil, de l’oxygène et du dioxyde de carbone. Elles possèdent des vertus médicinales reconnues.

Votre médecin traitant et votre pharmacien sauront vous conseiller au mieux, surtout si vous suivez un traitement.

L’erreur serait de chercher un effet immédiat. La réponse est dans le remède : laisser infuser, laisser le temps au temps.

Votre corps sait. A force d’usage, une plante peut ne plus convenir, une autre attirera votre attention. Certaines plantes accompagnent pour une saison, d’autres pour un moment de vie. Être à l’écoute de ses envies devient alors une boussole intérieure.

🌙 Tisanes de réconfort pour la nuit

• Le tilleul (Tilia cordata, Tilliaceae), allié précieux en cas de tension ou de fièvre, favorisant la sudation.

• La verveine (Verbena officinalis, Verbenaceae), parfois appréciée lors de la ménopause, après avis médical.

🌿 Tisanes ayurvédiques

• L’ashwagandha, appelé également ginseng indien, réputé pour soutenir la résistance au stress et la concentration.

🍃 Tisanes pour la digestion

• Le fenouil (Foeniculum vulgare, Apiaceae)

• Le romarin (Rosmarinus officinalis, Lamiaceae)

• La camomille (Chamaemelum nobile, Astereacea)

• La menthe poivrée (Mentha xpiperita, Lamiaceae)

À noter : le fenouil peut être remplacé par l’aneth dans l’alimentation, et le romarin peut agrémenter les plats avec parcimonie.

🌱 Tisanes favorisant le transit intestinal

• La guimauve (Althaea officinalis, Malvaceae), également utilisée en gargarisme pour les maux de gorge légers.

• La mauve sauvage (Malva sylvestris, Malvaceae), connue également pour ses usages contre la toux.

• Choisir sa tasse ou mug et sa tisane préférés

• Accueillir le silence

• Écouter le chant de l’eau lorsqu’elle chauffe et pénètre dans la plante

• Laisser infuser, le temps d’attente faisant partie intégrante du soin

• Boire en conscience

• Remercier la plante et l’eau.

Après cette parenthèse, le cours de la vie reprend, comme un retour au flux naturel des choses.

🌺 S’hydrater, prendre soin de soi tout en prenant soin de la nature. Planter des fleurs et des arbres pour les générations à venir.

Le tilleul (Tilia cordata), avec ses feuilles en forme de cœur, sa douce odeur des soirs d’été et son nectar offert aux abeilles, incarne cette alliance discrète entre l’humain et le vivant.

🌺 Une tisane n’est jamais seulement une simple boisson. C’est un geste issue de sagesse ancienne. C’est aussi la mémoire de la terre cultivée, de l’eau et un acte de générosité de la nature qui s’imprègnent dans chaque fleur.

Un dialogue subtil entre la terre, l’eau et le cœur.

« Les plantes sont les avocats silencieux de la durabilité plaidant pour la vie future. » Jean Jacques Rousseau

Met de l’huile

Choisir son huile et l’utiliser à bon escient peut être un bon pas vers soi pour être bien dans son assiette. Pourtant, ce sujet presque anodin peut rapidement nous mettre la pression.

Comment choisir son huile

Dans un premier temps, les fruits ou graines de plantes oléagineuses ou les germes de céréales sont cueillis. Puis l’huile sera fabriquée selon 3 procédés, soit :

• par un pressage à froid
• par un procédé mixte
• ou par une extraction par solvants (très souvent à l’hexane : un solvant à base d’hydrocarbures saturés).

Une huile raffinée améliore la qualité sanitaire grâce à l’extraction des contaminants, mais ses qualités nutritionnelles diminuent.

Les huiles issues d’un pressage mécanique à chaud perdent aussi en richesse nutritionnelle par rapport au procédé à froid.
Quant aux huiles obtenues par extraction par solvants, ce sont celles qui contiennent le moins de vitamines et d’antioxydants.

La mention « première pression à froid » est indiquée sur les huiles n’ayant pas subi de procédé thermique.

Pour résumer : l’huile extra-vierge est une huile de catégorie supérieure. L’huile vierge garantit un procédé mécanique exclusivement. Et une huile raffinée a subi un procédé chimique pour la filtrer avec ou sans solvant (l’information est sur l’étiquette).

Boostez votre énergie grâce aux huiles

Les carences en acides gras accélèrent le vieillissement et favorisent l’apparition de l’adrénaline (l’hormone du stress).

Un gramme de lipides apporte 9 calories à l’organisme (4 pour les glucides – 4 pour les protéines).
Chaque lipide consommé :
• joue un rôle important dans l’activité musculaire
• prend soin des membranes cellulaires, des cellules nerveuses, du cerveau et de la rétine.

Prenez soin de votre cœur

Au niveau chimique, une huile est constituée d’acides gras (saturés, monoinsaturés ou polyinsaturés entre autres).
Il existe un acide gras non essentiel qui peut se former à partir de l’acide stéarique lors d’un chauffage à haute température. Cette transformation conduit à un Acide Gras Trans (AGT).

Certains Acides Gras Trans existent dans la nature, notamment dans la viande et les produits laitiers de ruminants.

La consommation excessive d’AGT d’origine technologique, en particulier l’acide élaïdique, augmente le risque cardiovasculaire. De plus, sa consommation excessive augmente les risques de dermatite atopique, d’arthrite, de rhume.

Vous identifierez cet acide par la mention « huile ou graisse partiellement hydrogénée » ou « huile hydrogénée » sur l’étiquette des produits, y compris dans les plats préparés industriels.

OMEGA 3 ou OMEGA 6 ? Les deux, c’est mieux

Il est recommandé de consommer :
10 grammes par jour d’Acide Gras Linoléique (LA), présent dans les huiles riches en OMEGA 6 : tournesol, maïs, pépin de raisin, soja, noix, carthame, ainsi que dans les viandes et œufs
• et 2 grammes par jour d’Acide Alpha-linolénique (ALA), que vous trouverez dans les huiles riches en OMEGA 3 : colza, lin, cameline, noix, soja, germe de blé, pépin de cassis, ainsi que dans les poissons

Quelles sont les huiles résistantes à la cuisson ?

Il s’agit des huiles :
• de colza
• d’arachide
• d’olive
• de noisette

L’huile sur le feu

Ce sont des produits très inflammables. Il va de soi que pour les fritures, il est IMPÉRATIF d’utiliser une huile spéciale friture au risque de déclencher un incendie chez vous.

Et si par malchance la friteuse venait à s’enflammer, PRUDENCE : l’eau propage et accélère l’inflammation ! Dans la mesure du possible, restez calme. Voici les réflexes à adopter :
Couper la source de chaleur pour priver le feu de carburant
Utiliser une couverture ou un tissu anti-feu (ou un tissu humidifié mais cette action n’est pas sans risque)
• Ou utiliser un extincteur à poudre, à installer près des plaques de cuisson et du four.

Quelles huiles ne peuvent pas être chauffées ?

• L’huile de sésame, à conserver 18 mois à l’abri de la lumière (surveiller la date limite d’utilisation inscrite sur la bouteille).
• L’huile de lin, qui se conserve 9 mois au réfrigérateur. À noter qu’elle est déconseillée pour les enfants de moins de 3 ans.

Quelles huiles sont laxatives ?

• L’huile de sésame (rappel : ne la chauffez jamais).
• L’huile de l’olive (moins laxative que l’huile de sésame).

Quelles huiles végétales prennent soin de votre peau ?

• L’huile de bourrache
• L’huile d’onagre
• L’huile d’amandes douces
• L’huile de tiaré, obtenue après macération de fleurs de tiaré dans de l’huile de coco
• L’huile de coco.

Et en cas d’exposition au soleil, veiller à penser aux huiles solaires pour hydrater et protéger la peau.

Voici quelques pratiques inspirées de la médecine ayurvédique

Avec de l’huile de sésame ou de coco :
• Excellente pour détartrer les dents et assainir la langue : pratiquer gandouch (idéalement le matin à jeun, une cuillère à soupe à laisser agir en bouche en mâchant pendant 15 minutes).

Avec de l’huile de coco :
• Pour hydrater les yeux et cheveux : déposer une noisette d’huile dans le nombril au coucher (à noter qu’il n’y a pas de retour scientifique à ce sujet).
• Pour effectuer un soin capillaire hydratant et répulsif anti-poux.

Les huiles essentielles

Je fais une parenthèse ici quant aux huiles essentielles qui, utilisées avec les précautions d’usage, à la bonne posologie et à bon escient, sont de merveilleuses alliées. Selon les cas, il est préférable de les dissoudre dans une huile pour éviter d’irriter ou de brûler la peau et d’effectuer un test cutané sur une petite zone en amont. Demandez toujours l’avis et les conseils d’un pharmacien.

De manière générale, les huiles essentielles ne sont pas recommandées en cas d’asthme, d’allergies, pour les femmes enceintes, allaitantes et les enfants. Elles peuvent interagir avec vos traitements en cours : parlez-en à votre médecin.

Attention également aux diffuseurs : toutes les huiles essentielles ne sont pas faites pour être inhalées. Et ce qui est bon pour vous ne l’est pas forcément pour tous les membres de la famille, surtout pour les bébés, enfants, personnes asthmatiques et y compris les animaux domestiques, qui y sont très sensibles.

Quelques chiffres

• 5 kg d’olives produisent 1 litre d’huile d’olive (un olivier commence à être productif dès l’âge de 8 ans et est en pleine forme entre 35 et 150 ans).
• 100 kg de graines de colza donnent 40 kg d’huile.

• 1 kg de serpolet, thymus serpyllum, produit 3 ml d’huile essentielle.
• 1 kg de baies de genévrier produit 10 ml d’huile essentielle (une baie de genièvre, juniperus communis, se développe sur deux ans).

🌺 Lorsque vous prenez soin de votre alimentation, vous prenez soin de votre santé physique et mentale.
En complément, en massage ou en automassage, une huile adéquate favorisera la détente de tous les muscles et membres de votre corps.

Holly Holly

Laissez-moi-vous parler d’une plante réputée pour être protectrice : le houx.

Le houx (Ilex aquifolium) est une plante fascinante, reconnue pour ses vertus protectrices et ses usages ancestraux. Avec ses feuilles vert foncé piquantes et ses baies rouges éclatantes, il traverse les siècles chargé de symboles, rituels et superstitions. Dans les maisons, au jardin ou sur une cheminée, le houx évoque la mémoire des druides, des sorcières et des coutumes populaires.

Découvrez ici ses histoires, croyances, vertus, secrets de culture, et bien plus encore.

Les peuples anciens considéraient le houx comme un gardien. Ses feuilles piquantes formaient une barrière naturelle contre les forces nuisibles et les esprits malveillants.

•  Le houx retenait les mauvais esprits à distance grâce à ses pointes protectrices.
•  Ses baies rouges symbolisaient la force vitale préservée durant l’hiver.
•  Les druides l’utilisaient comme arbre sacré, surtout quand le chêne perdait ses feuilles.
•  Il était appelé « l’arbre de l’immortalité » car il restait vert dans la saison froide.

Dans les traditions celtes, le Roi Houx régnait sur la partie sombre de l’année, de Samhain à Yule, le solstice d’hiver, offrant un cycle de repos et de renouveau.

Les druides cueillaient le houx avec respect et précaution, suivant des règles précises :
• Pas de métal durant la cueillette.
• Une intention de protection.
• Une offrande pour remercier l’esprit de la plante.

Les sorcières plaçaient parfois des branches de houx :
• Sur les portes pour éloigner les intrus, visibles ou invisibles.
• Près du foyer pour renforcer la vitalité du feu durant l’hiver.
• Sous un oreiller pour favoriser des rêves clairs.

Le houx incarnait un talisman végétal.

La couronne de houx porte un sens puissant :
• Le cercle symbolise la vie éternelle.
• Les feuilles protègent la maison.
• Les baies apportent la lumière rouge au cœur de l’hiver.

Il est conseillé de l’attacher à la porte d’entrée de son habitation pour inviter :
•  La chance
•  La paix
•  Le renouveau

Les druides associaient le houx :
• Aux cycles solaires
• Aux rituels de passage
• Aux protections contre les influences discordantes

Une croyance raconte qu’une maison bénie par le houx restait intacte durant l’hiver.

Le houx est entouré de nombreuses superstitions.

Le houx ne doit pas entrer dans la maison avant le 24 décembre

•  Le houx attire les esprits de l’hiver avant cette date.
•  Si tu l’introduis trop tôt, tu invites la discorde dans la maison.
• Le 24 décembre seulement, le houx devient un protecteur pour les douze derniers jours de l’année.

Autres superstitions :

• Un pied de houx planté près de la maison protège du tonnerre.
• Un houx qui pousse seul indique un lieu puissant.
• Une branche sur la table éloigne les querelles familiales.
•  Un houx à baies abondantes annonce un hiver rigoureux.

⚠️ Attention les baies sont toxiques : éloignez-le et accrochez-le hors de portée des enfants et des animaux domestiques.

Le houx est un arbuste dioïque, ce qui signifie :
•  Il existe des pieds femelles
•  Il existe des pieds mâles
•  Seuls les pieds femelles portent des baies rouges

Pour obtenir des fruits, il faut planter au moins :
•  Un pied mâle
• Un pied femelle

Autres points utiles :

• Le houx pousse dans les sols frais et drainés
• Il apprécie la mi-ombre

Le houx forme une haie défensive très efficace : ses feuilles persistantes et piquantes découragent animaux et visiteurs indésirables. Depuis l’Antiquité, il est planté autour des habitations pour protéger le terrain. Les merles, grives, rouges-gorges, pinsons et étourneaux mangent surtout les baies en hiver, qui leur apportent énergie et sucre.

Holly signifie « houx » et wood désigne le bois. Donc Hollywood se traduit par « le bois du houx ». Et oui, jadis Hollywood était un grande forêt de houx. Son bois servait d’ailleurs à fabriquer des essences.

Encore aujourd’hui, l’essence de Holly permet de travailler sur les émotions négatives telles que l’envie, la jalousie et la colère.

Le houx incarne l’esprit de Noël, également appelé la magie de Noël :
•  Il symbolise la lumière au cœur de l’hiver
• Il protège la maison durant les fêtes
• Il rappelle la persistance de la vie
• Il participe à la magie du repas avec ses couleurs rouge et vert

Posé sur une table, il invite la joie et les bénédictions pour l’année nouvelle.

Dans les récits, le houx colore les paysages blancs de l’hiver.
Il a inspiré Maurice Carême, qui en a créé un poème : « Le roi rit dans les houx », extrait de La Lanterne magique.
Mike Brant a chanté « Holly Holly » et Mariah Carey « O Holy Night ».

🌺 Une chose est certaine : celui qui s’en approche sans précaution s’y pique. Lui seul connaît son secret, soufflé dans la nuit du vent d’hiver.

L’omelette aux champignons

Le rôle des champignons dans la santé de la Terre et la fécondité des plantes est absolument fondamental — presque magique, d’un point de vue naturel. Voici pourquoi :

Sous nos pieds, les champignons tissent un vaste réseau souterrain, appelé mycélium.
Ce réseau agit comme un véritable système nerveux de la Terre :

. Il relie entre elles les racines des plantes et permet la circulation de l’eau, des minéraux et des informations chimiques.
. Il favorise la coopération entre les végétaux plutôt que la compétition.
. Grâce à lui, les arbres communiquent, s’entraident et se protègent de leurs ennemis mortels.

L’automne, saison où la Terre lâche prise et se repose après avoir généreusement donné durant les deux saisons précédentes, est le moment privilégié des champignons.

La plupart des plantes terrestres vivent en symbiose avec les champignons, dans une union appelée mycorhize (du grec mycos = champignon, rhiza = racine).

Dans cette alliance féconde :
. Le champignon aide la plante à absorber les minéraux et l’eau.
. En retour, la plante nourrit le champignon grâce aux sucres issus de la photosynthèse.

Cette collaboration renforce la résistance des plantes face à la sécheresse, aux maladies et aux sols appauvris.

Les champignons participent activement à la fécondation naturelle du sol :

. Ils décomposent la matière organique (feuilles mortes, bois, racines en décomposition).
. Ce processus libère des nutriments essentiels que les plantes peuvent ensuite absorber.
. Ils stabilisent la structure du sol en liant les particules de terre, rendant celui-ci aéré, fertile et vivant.

Sans eux, la matière organique s’accumulerait sans se transformer, et le sol deviendrait stérile à long terme.

Par sa forme en parapluie ? Son odeur ? Son toucher ? …
Le champignon rappelle que tout est interconnecté, que la fécondité de la Terre repose sur la coopération silencieuse de tous les êtres.

Certains champignons sont toxiques, mais beaucoup sont merveilleux en poêlée.
Nous savourons leur douceur dans les veloutés, leur humour et fantaisie dans les farces, et parfois leur pouvoir de voyage — grâce à une simple sauce, nous voilà transportés en Grèce en quelques bouchées.

A table !

Selon la théorie des signatures en phytothérapie, leur forme évoque celle de l’oreille.
Et figurez-vous qu’ils contribuent à en préserver la santé… Sans jamais se faire entendre !

🌸 Les champignons ont les pieds dans l’humus, gorgé d’humidité et d’humilité, nourrissant l’humanité depuis bien avant l’Antiquité.

Un peu de poivre, un peu de sel : la magie des épices

Le mot épice vient du latin species, qui signifie espèce — ou marchandise rare.
Avant l’arrivée de l’euro (et avant lui, du franc, de l’ancien franc, du denier, du sesterce… et j’en passe !), le sel (même s’il n’est pas une épice) et le poivre servaient parfois de monnaie d’échange.
Le sel, surnommé or blanc, et le poivre, or noir, faisaient alors figure de véritables trésors.
La fameuse facture salée

À cette époque, seuls les plus riches pouvaient s’offrir des épices, tant leur prix était élevé.
Le safran reste d’ailleurs l’épice la plus coûteuse au monde : il faut environ 170 000 fleurs de crocus sativus pour obtenir un seul kilo de stigmates !

Un véritable enjeu et une source de conflit entre apothicaires et épiciers, chacun voulant le pouvoir sur le commerce des épices.
Eh oui, avant les westerns et leurs règlements de comptes à OK Corral, il y avait déjà des “comptes d’apothicaire” !

Mais attention, tout ce qui brille n’est pas or : les faussaires de l’époque savaient déjà tromper les clients en mélangeant les précieuses poudres avec de la poussière ou d’autres graines bon marché.
Rien de nouveau sous le soleil !

Les épices ont d’abord été utilisées pour leurs vertus tinctoriales et conservatrices : elles servaient notamment à embaumer les momies égyptiennes.
Le poivre fut rapporté d’Inde par les armées d’Alexandre le Grand vers 327 avant J.-C., lors de sa campagne sur les rives de l’Indus.

Plus tard, Pierre Poivre, célèbre intendant de l’Île de France (aujourd’hui l’île Maurice) et de l’île Bourbon (aujourd’hui La Réunion), fit délicatement subtiliser aux Hollandais des plants de muscadiers et de canneliers pour les acclimater sous d’autres cieux.
Un vrai James Bond botanique avant l’heure !

Elle vous fera voir les étoiles : la badiane !
Retrouvez les traces de Malabar, au sud de l’Inde, pour la cardamome.
Laissez-vous dépayser à Ceylan grâce à la cannelle.
Apprenez à ne rien prendre pour acquis avec le laurier — ne vous reposez jamais dessus.
Découvrez ses boutons de fleurs : le clou de girofle.
Voyagez sous les tropiques avec le gingembre.
Mettez plus de feu dans votre vie avec le piment et le poivre.
Ou émerveillez-vous devant la beauté de sa couleur : le safran !

Dans vos petits plats, une dose raisonnable est recommandée. L’utilisation des épices disponibles en vente libre ne présente pas de danger. Mais la prudence reste de mise de manière générale surtout pour les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes, et toutes personnes sous traitements médicamenteux.

En tisane, avant toute chose, il est essentiel d’en parler à votre médecin ou à votre pharmacien. Veillez également à respecter les posologies usuelles, car tout peut rapidement devenir toxique.

Votre dentiste pourra vous en dire plus sur les vertus du clou de girofle : il purifie l’haleine, favorise la cicatrisation et soulage les douleurs dentaires. (Attention tout de même à ne pas le croquer en cas de douleur !)

Ah non ! Seule l’écorce de la cannelle est utilisée. C’est grâce à son arôme doux qu’elle réchauffe le corps — un hasard si elle parfume le vin chaud des marchés d’hiver ?

Et que dire des piments et de leur capsaïcine brûlante, qui titillent les muqueuses et réveille nos papilles (ou les enflamme, selon les tempéraments) ?

Et si oui, à la folie ! Car il vaut mieux l’apprécier, comme soi, en maîtrisant le côté obscur du poivre noir et des autres couleurs. Une fois moulu, le grain perd vite son arôme : rien ne vaut un bon vieux mortier pour le moudre à la minute ! Et une tendre pensée pour le moulin d’antan de nos grand-mères…

Les épices ne se contentent pas de mettre du goût : elles stimulent la satiété et permettent de réduire le sel ou le sucre dans nos plats.

• Le cumin sublime les fromages, surtout les frais.
• La cannelle aide à réduire les doses de sucre raffiné dans les desserts.
• Le mélange, c’est la vie : créez vos propres associations maison comme le Ras el-Hanout, le garam masala ou le curry.

• Le poivre noir de Tellicherry (Inde) offre une chaleur noble et boisée.
• Le cumin de Hollande parfume les fromages et les pains.
• Le curcuma colore les plats de l’Inde et d’Indonésie.
• La vanille de Madagascar ou de La Réunion fait chavirer les desserts.
• Le piment d’Espelette, lui, met le feu aux papilles basques !

Les épices éveillent nos sens et illustrent à merveille que tous les goûts et toutes les couleurs se trouvent dans la nature.

🌺 C’est aussi une invitation au respect. Et oui, attention où vous vous embarquez : en cas de surdose, certaines peuvent provoquer des troubles graves — jusqu’à la mort.

Nous n’irons plus au bois, les lauriers sont coupés

Nous n’irons plus au bois,
Les lauriers sont coupés.
La belle que voilà
Ira les ramasser…

Une douce ritournelle d’enfance. Pourtant, derrière la chanson se cache bien plus qu’une comptine : une invitation à la renaissance. Le laurier, symbole de gloire et d’immortalité, nous rappelle que toute victoire doit un jour laisser place à une autre. Après nous, quelqu’un d’autre nous succédera.

À l’origine, le mot baccalauréat vient du latin bacca laurea, qui signifie « baie de laurier ». Dans la Rome antique, on tressait une couronne de laurier autour du front des poètes, des philosophes et des vainqueurs. Le laurier n’était pas qu’un ornement : il représentait la sagesse, la victoire sur soi-même et le dépassement de l’ignorance.

Ainsi, lorsque les lycéens décrochent leur diplôme, ils héritent symboliquement de cette antique couronne de verdure. Une tradition invisible, mais toujours vivante dans les familles.

Le laurier noble (Laurus nobilis) appartient à la famille des Lauracées (Lauraceae). Ses feuilles, épaisses et brillantes, renferment un trésor d’arômes et de bienfaits.
Votre pharmacien pourra vous conseiller sur les bienfaits de sa tisane qu’il est préférable d’acheter chez lui. Si nécessaire, en inhalation, il purifie les voies respiratoires et redonne courage lors des périodes de fatigue mentale. Même chose, parlez-en à vos alliés santé : votre médecin et pharmacien.

Les Anciens disaient qu’il protégeait des épidémies et chassait les mauvais esprits. Les guérisseurs suspendaient même une branche de laurier au-dessus de la porte pour éloigner la malchance.

Dans les traditions méditerranéennes, on le brûle parfois encore pour purifier l’air et inviter les énergies claires.

Le laurier s’invite volontiers dans nos cuisines. Son parfum subtil se marie avec les plats mijotés, les sauces et les bouillons. Mais attention : tous les lauriers ne se mangent pas ! Et veillez à ne pas en abuser car en surdose, il devient toxique.

Voici quelques variétés à distinguer :

• Laurier-sauce (Laurus nobilis) : le seul comestible en petite quantité, roi des soupes et des ragoûts.

• Laurier-rose (Nerium oleander) : toxique, à contempler seulement pour sa beauté.

• Laurier-tin (Viburnum tinus) : un arbuste ornemental aux baies sombres, prisé des jardins d’hiver.

• Laurier-cerise (Prunus laurocerasus) : toxique lui aussi, malgré son feuillage séduisant.

Le laurier-sauce est donc celui qu’on invite dans la marmite ; les autres se contentent de décorer le chemin. J’y vois comme un clin d’œil de la nature qui nous invite à protéger les enfants des dangers.

Louis Dumur a écrit cet aphorisme sur le succès vers 1892 : « Il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers : ce n’est pas un siège bien solide. »

Le laurier nous enseigne une sagesse précieuse : la victoire n’est jamais une fin en soi, mais un commencement. Les Romains brûlaient les anciennes couronnes après les triomphes, pour ne pas se laisser enchaîner par le passé.

Alors, que vous ayez obtenu votre baccalauréat, surmonté une épreuve ou gravi une montagne intérieure, rappelez-vous : les lauriers d’hier ne suffisent pas. Les choses se transforment en permanence. C’est pourquoi il est préférable de savoir remettre les choses en ordre ou en question, afin de gagner en efficacité et de préparer l’avenir des enfants.

🌺 Le parfum du laurier inspire le courage et la persévérance. Une invitation à célébrer les victoires et à laisser le vent emporter ce qui doit être coupé en son temps.
Ainsi, année après année, chaque branche peut se fortifier au printemps, et la nature de chaque chose évoluer.

Le pouvoir des fleurs

Leur doux parfum enivre nos narines et éveille nos sens.
Derrière leurs couleurs chatoyantes et leurs pétales délicats se cachent pourtant des trésors… et parfois des dangers.

Les fleurs ne sont pas que beauté : elles peuvent être astringentes, diurétiques, antioxydantes, anti-inflammatoires, antidiarrhéiques, etc., mais aussi toxiques jusqu’à vous coûter la vie. Leur pouvoir est immense, à la fois guérisseur et potentiellement toxique. Alors, soyez prudent : le mieux est de demander conseil à votre pharmacien.

Les plantes possèdent une intelligence subtile. Certaines sécrètent des hormones odorantes pour attirer les insectes qui les aident à se défendre ou à se reproduire.
Prenons l’exemple du maïs (Zea mays), de la famille des Poacées : lorsqu’il est attaqué par des chenilles, il libère une hormone volatile qui attire des guêpes parasitoïdes. Ces dernières viennent pondre dans les larves ennemies, protégeant ainsi la plante.
La plante de tabac (Nicotiana tabacum), appartenant à la famille des Solanacées, quant à elle, attire le colibri grâce à la forme allongée et colorée de ses fleurs, favorisant ainsi sa pollinisation.

Une alliance invisible mais magistrale entre le règne végétal et le règne animal et les quatre éléments (l’eau, la terre, le feu, et l’air).

Les fleurs participent à l’équilibre de tout notre écosystème.
Elles nourrissent les abeilles, purifient l’air, régénèrent les sols et inspirent les hommes depuis la nuit des temps.
Au service de la Vie, elles poursuivent deux missions simples : vivre et assurer la reproduction. Leur beauté n’est donc pas un hasard, mais une véritable stratégie de survie.

Ce que je préfère chez la fleur, c’est son pouvoir d’émerveillement.
Elle s’offre dans les petites et les grandes occasions : une naissance, un amour, un remerciement, un adieu.
Présente à chaque étape de notre existence, la fleur accompagne la vie jusque dans le deuil, rappelant que toute fin annonce un nouveau cycle.

Son langage est universel — les fleuristes parlent du langage des fleurs.
Leurs messages sont multiples et intemporels.


🌺 C’est une manière de percevoir une facette de la beauté de la nature et de l’accueillir avec gratitude.

J’ai demandé à la lune

La Lune rythme nos nuits et nos vies depuis toujours. Fidèle compagne de la Terre, elle trace dans le ciel un cycle de 28 jours, semblable au cycle des femmes, que les Amérindiens appellent joliment les lunes. À chaque phase, son éclat et son énergie influencent les marées, la croissance des plantes, nos humeurs… et même nos légendes.

1. nouvelle Lune ou lune noire :

invisible dans le ciel, elle symbolise le commencement et le renouveau. C’est le moment idéal pour semer et planter les graines qui demandent du temps pour croître. L’énergie de la Terre est tournée vers l’intérieur, favorisant la germination.

> Astuce beauté : profitez de cette phase pour vos épilations : les poils repousseront plus lentement.

2. premier Quartier :

un croissant lumineux apparaît, signe de croissance. C’est une période propice aux plantations aériennes : légumes-feuilles, herbes aromatiques, fleurs. Les plantes bénéficient d’une montée de sève qui stimule leur vigueur.

3. pleine Lune : elle brille de toute sa rondeur et déploie une énergie maximale. Les récoltes et la cueillette de plantes médicinales sont à privilégier : elles sont alors plus riches en principes actifs. C’est aussi le moment où la fertilité est la plus forte : les maternités constatent une augmentation des naissances ces nuits-là.

-> Astuce capillaire : A vos ciseaux, c’est le moment de couper vos cheveux pour stimuler leur repousse et leur vitalité.

4. Dernier Quartier : la Lune décroît et invite au repos. C’est le temps de désherber, tailler et préparer la terre. Tout ce qui doit être éliminé se fait plus facilement : les racines arrachées reprennent moins. Une phase parfaite pour alléger et purifier.

Le mot lunatique vient de cette puissance discrète de la Lune sur notre humeur : exaltation, mélancolie ou irritabilité semblent parfois suivre ses phases. Les nuits de pleine lune, les maternités observent qu’il y a plus de naissance, les urgences rapportent plus d’agressions, d’infractions et même de meurtres, comme si les instincts s’aiguisaient sous son éclat.

La Lune soulève aussi les océans : ses cycles commandent les marées, rappelant qu’elle agit sur tout ce qui vit, y compris nous.

Vue depuis la Terre, la Lune semble tracer une boucle infinie, un mouvement semblable à un huit allongé. Elle revient toujours à son point de départ, comme une danseuse inlassable qui répète son pas pour rythmer nos nuits. Ce mouvement, que l’on appelle analemme, relie le ciel à notre regard, comme un fil invisible qui nous relie à elle.

Observez la bien c’est une farceuse. Voici un moyen mnémotechnique pour savoir l’identifier : lorsque son croissant forme un C, la lune est décroissante et qu’elle dessine un D elle est croissante !

Mais la Lune n’inspire pas que les jardiniers ou les poètes. Dans les veillées d’antan, on racontait qu’à la lueur de la pleine lune, certains hommes se transformaient en bêtes sauvages : les loups-garous. Victimes d’une malédiction, ils perdaient leur forme humaine et laissaient surgir leurs instincts les plus sombres, rôdant dans les villages à la recherche de proies. Cette légende, née de la peur et du mystère, illustre bien le pouvoir de la Lune : elle éclaire nos ombres intérieures autant que nos élans de vie.

🌺 La Lune est une fidèle compagne, à la fois douce et redoutable mais aussi une confidente. Elle nous invite à respecter les cycles naturels, à semer, récolter, purifier, mais aussi à écouter nos émotions et nos instincts.

Donnez-lui la passion

Il en existe plusieurs variétés, chacune portant sa propre signature de beauté.
Certaines sont pollinisées par les insectes, tel le papillon qui dépose sa vie naissante sur la corolle, tandis que d’autres le sont par les zoogamètes :

  • Le colibri transporte le pollen avec la délicatesse d’un souffle.
  • Les chauves-souris, dans le silence de la nuit, perpétuent le mystère de la floraison.

La plus connue demeure Passiflora incarnata, joyau de la famille des passifloracées.

Plante grimpante et solaire, la passiflore s’acclimate volontiers à un endroit baigné de lumière, adossée à :

  • une palissade,
  • un treillis,
  • un grillage,
  • ou un mur.

Elle parsème alors le paysage de ses volutes colorées, comme une note de gaieté au détour d’une allée.

  • Généreuse, elle fleurit dès la première année.
  • Résistante, elle supporte les froids jusqu’à -10°C.
  • Par sa force tranquille, elle s’épanouit bien enracinée dans la terre.

La Passiflore est réputée pour ses vertus apaisantes :

  • Elle calme les tourments intérieurs.
  • Elle favorise un sommeil réparateur et la détente du système nerveux.
  • On la dit sédative, bienveillante, presque maternelle.

👉 Comme toujours, avant toute utilisation, demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien.

La nature offre ses remèdes à qui sait l’écouter, mais elle invite aussi au respect et au discernement.

La première variété de passiflore, originaire du sud-est des États-Unis, fascina les conquistadors espagnols. En découvrant sa morphologie singulière, ils y virent une représentation de la Passion du Christ :

  • La couronne de filaments : la couronne d’épines.
  • Les trois styles du pistil : les clous.
  • L’ovaire : la forme du marteau.
  • Les vrilles : le fouet.
  • Les cinq étamines : les cinq plaies.
  • Les pétales et sépales : les apôtres.

Pour ma part, je préfère laisser à chacun son libre arbitre et vous inviter à explorer cette symbolique fascinante si le sujet vous passionne déjà.

⚠️ Le fruit de la passion qu’elle offre n’est pas toujours comestible selon les variétés : Prudence !

J’y vois, encore une fois, un message de la nature :

  • Une invitation à réfléchir avant de croquer la vie à pleines dents.
  • La possibilité d’effectuer ses choix en conscience, plutôt que de se précipiter.
  • Et vous, quel message vous délivre-t-elle ? (Voir aussi l’article Grandeur Nature).

🌺 La passiflore, par sa beauté complexe et sa sagesse discrète, nous murmure que la passion véritable n’est pas toujours brûlante. Elle peut aussi être douce, patiente, enracinée dans la tendresse, pour grandir et s’épanouir jour après jour.