
Je vous emmène, le temps d’un instant, pour une promenade dans les pâturages, dans un petit coin de nature où il fleure bon… la nature.
Prêts pour l’aventure ? Veillez à ne pas vous disperser pour tenter de percer le mystère de la pollinisation.
L’autopollinisation : quand la plante se suffit à elle-même
Chaque plante est vouée à grandir. Mais, dans leur réalité biologique, il semblerait qu’elles aient deux objectifs essentiels : vivre et perpétuer la vie.
Leur reproduction passe majoritairement par la pollinisation.
Il existe des plantes hermaphrodites qui possèdent les organes reproducteurs et les gamètes nécessaires pour s’autopolliniser.
C’est le cas notamment de certaines plantes issues de la famille des Poacées (le blé, par exemple), des Fabacées (le soja, par exemple) et de quelques espèces dont les organes reproducteurs sont très rapprochés.
Les autres plantes auront recours à la pollinisation croisée.
La pollinisation croisée : une alliance indispensable
La pollinisation entre en jeu chez les plantes à pied mâle et pied femelle, mais aussi chez les plantes unisexuées, pour lesquelles les choses se compliquent un peu.
Les stratégies de la nature
Certaines plantes présentent :
• leurs organes reproducteurs mâles, appelés étamines, mûrs avant les organes reproducteurs femelles appelés pistils ;
• leurs organes reproducteurs femelles prêts avant les organes reproducteurs mâles ;
• un « obstacle » entre leurs organes reproducteurs, nécessitant une intervention mécanique, souvent assurée par un insecte, qui déclenche l’expulsion du pollen contenu dans l’organe mâle ;
• un obstacle génétique générant une auto-incompatibilité. C’est le cas du pommier, du poirier et du cerisier, par exemple. Il est alors nécessaire de planter à proximité une autre variété compatible, dite pollinisatrice.
Et comme la nature est bien faite, chacune développe les forces nécessaires pour être fécondée et trouver les alliés pollinisateurs indispensables : le vent, les insectes, les animaux, etc.
Le rôle des insectes pollinisateurs : et voici l’abeille !
L’abeille, mais aussi les mouches, les moucherons et les papillons.
L’abeille plonge au cœur des fleurs mellifères pour s’abreuver du nectar, qui n’est autre qu’un liquide sucré présent sur les étamines et le pistil.
Le pollen contenu dans les fleurs est riche en protéines, un élément capital pour la survie de la reine, des abeilles de la ruche et pour la fabrication du miel.
Cette visite de l’abeille féconde la fleur, ou bien les résidus de pollen serviront à féconder une autre plante.
Pour développer la patience, je vous conseille « d’adopter » une orchidée.
Voici son secret : elle patiente jusqu’à ce qu’un moucheron vienne la féconder.
Mince… le moucheron y était presque, il vient d’être tué par une tapette à mouches !
Les oiseaux pollinisateurs : et voici le colibri !
Les oiseaux, dont les colibris, volent de branches en branches pour y trouver des cachettes et s’y nourrir.
Les oiseaux pollinisent les plantes lorsqu’ils se nourrissent de nectar, de fruits ou de graines.
En se posant sur une fleur pour atteindre le nectar, leur bec, leur tête ou leur plumage entrent en contact avec les étamines, les organes mâles de la plante. Le pollen s’y accroche.
Lorsque l’oiseau visite ensuite une autre fleur de la même espèce, une partie de ce pollen est déposée sur le pistil, l’organe femelle.
Cette rencontre permet la fécondation et déclenche la formation des graines et des fruits.
Les éléments naturels au service de la pollinisation
Le vent, allié des plantes anémophiles
Le vent dissémine le pollen chez les plantes anémophiles.
C’est le cas du noisetier, dont les chatons mâles libèrent une pluie jaune, évoquant le soufre, destinée à féconder les fleurs femelles.
Ce mode de reproduction est commun à l’ensemble de la famille des Bétulacées, notamment chez le bouleau et l’aulne.
De même, le grain pollinique est véhiculé par le vent chez de nombreuses Poacées, comme le maïs, le blé ou l’avoine.
L’eau, messagère discrète de la fécondation
Et que deviendraient les nénuphars et certaines Renonculacées sans l’élément eau ?
Aborder la pollinisation avec les enfants
Voici quelques inspirations pédagogiques pour nos chérubins :
– Dessins animés et séries éducatives
• Maya l’abeille – Le grand classique : la vie des insectes, la coopération, la pollinisation en filigrane
• Apis (Le secret des abeilles) – Sensibilisation au rôle des abeilles et à leur disparition
• Minuscule – Insectes, fleurs et écosystèmes, sans paroles mais très parlant
• Bee Movie – Vision fantaisiste introduisant la notion de pollinisation
• Les aventures de Bernard et Bianca – Épisodes à thématique environnementale
• L’arbre à miel – Courts métrages éducatifs
– Livres jeunesse sur la pollinisation
Albums illustrés (3–7 ans)
• L’abeille et le papillon – Gallimard Jeunesse
• La petite abeille qui cherchait une fleur
• Le voyage de l’abeille
• Butine
Documentaires jeunesse (6–10 ans)
• Les abeilles – Mes p’tits docs (Milan)
• Pourquoi les abeilles butinent ?
• La grande aventure des pollinisateurs
• Abeilles, papillons et autres pollinisateurs
🌺 Et bientôt viendra le temps, pour elles, de la dispersion.
Le vent emportera avec lui les graines à maturité, spores, pappus, etc., au pied de la plante ou loin dans les airs.
L’eau éveillera la plante dans la terre en devenir, et le soleil apportera le feu nécessaire pour bien grandir.
🌺 Ainsi va la vie.
Et soyez assurés que, lorsque l’on se plante… On pousse !