Marche tout droit

Création Aiyana Catori

Il était alors âgé de quinze ans. Il n’était plus vraiment un enfant mais pas encore un homme, et la transition était indélicate.

Ses journées étaient insipides, presque dépourvues de toute joie, telles une déconnexion de son être profond. Les courbes de son corps changeaient, semblant se fortifier au niveau des pectoraux ; sa voix muait à tel point que tout cela le laissait muet dans son mutisme.

Bientôt, de fâcheux boutons baptisés « acné juvénile » par un dermatologue envahirent son front comme un affront.

Hypersensible face à la pilosité croissante, il devait faire face à des remarques qu’il interprétait souvent comme des brimades. Mais il masquait tout cela par un sourire tantôt pantois, tantôt narquois. Et ce sourire qui auparavant émerveillait ses parents devenait dérangeant, agaçant.

Ses jambes grandissantes le faisaient se cogner aux coins de la table basse, faisant trembler les verres jusqu’à les renverser et les casser. Cette même table qu’il chérissait dans son enfance, qui accueillait ses petites voitures et ses petits camions dans son monde imaginaire sans code de la route, désormais l’insupportait.

Au fil des ans, successivement, la baby-sitter et la fille au pair avaient été remplacées par les émissions récréatives et les dessins animés en tout genre sur l’écran de la télévision.

Ses parents n’avaient qu’un mot à la bouche : orientation. Ce mot l’effrayait. Comment pourrait-il trouver sa voie ? Et s’il se trompait de chemin ? À vrai dire, il semblait perdu. Et s’il était un perdant ? Son père, lui, était un gagnant. Et s’il le décevait ?

Elle avait débarqué dans sa vie par un beau matin de printemps, le jour de ses quatorze ans, comme par enchantement, à l’heure où les chatons dressés dansaient sous l’effet du vent sur leurs branches et où les bourgeons de narcisses étaient encore fleurs dans le jardin. C’était celle qu’il attendait depuis quelque temps. Pour elle, il aurait décroché la lune. Il l’avait toujours su : elle changerait sa vie. À tel point que le temps avant son apparition lui avait semblé interminable.

Elle était parfaite ! Elle avait remplacé ses derniers gadgets et jouets d’enfant sur la table basse aux angles obtus. Elle avait remplacé ses chaînes télévisées préférées : sa console. C’était aussi un trophée, car il avait décroché quelques bonnes notes à l’école.

— Range ta chambre, insufflait sa mère sur un ton de colère.
— Tu vas finir chômeur, répétait inlassablement son père.
— Alors mon garçon, que vas-tu faire de bon dans ta vie ? Était la sempiternelle question de son grand-père, posée à chaque repas de famille.
— Tu vois, dans la vie, il faut que tout marche droit. De la rigueur, mon enfant, sermonnait le père.

Les éloges allaient bon train vis-à-vis de son petit frère, qui semblait plus docile et surtout plus intelligent. « Un vrai prodige », avait même dit récemment son père pour qualifier la dextérité et les incroyables progrès dans les leçons de piano du cadet. « Faut dire qu’il est méritant, lui », avait ajouté sa mère.

Alors il n’avait qu’une envie : retrouver sa console. Elle savait lui offrir son lot de consolation. Sans mot dire, il détruisait des empires. Et vlan, uppercut droit, et vlan, uppercut gauche. Il déglinguait les assaillants à tour de bras. C’était son terrain de jeu, il contrôlait le jeu. Là, il n’y avait pas d’enjeu. Dans ce monde imaginaire, il était au gré de ses émotions : parfois le méchant qui détruisait le monde, parfois le héros qui sauvait le monde.

Ce nouvel état d’être, à la limite de la transe, faisait peur à sa mère et déclenchait chez elle des sautes d’humeur. Pour étouffer ses cris fréquents, il prit le parti d’enfoncer ses écouteurs dans les oreilles et la vibration de la musique décupla sa force. Il aurait juré pouvoir la transformer en poisson rouge qui fait machinalement bouger la bouche dans un bocal.

— Léthargie, es-tu là ? Je veux mon enfant, rendez-moi mon enfant ! criait la mère aimante, à bout de souffle.

Des années passèrent.

Lors d’une soirée de solstice qui marquait la fin de l’automne et l’arrivée de l’hiver, dans son jardin, le père cassa une noisette en marchant d’un pas aguerri sur l’une d’entre elles. Son fils aîné avait alors vingt-deux ans ; il était devenu réparateur de consoles de jeux dans une boutique de matériaux d’occasion. Le père était déçu par ce choix car, au fond de lui, il le savait : son fils méritait mieux.

Une branche de noisetier tomba à ses pieds et un petit bonhomme apparut pour lui dire :
« Tu ne peux pas juger un homme avant d’avoir passé deux lunes dans ses mocassins* »

Le vent souffla, le petit bonhomme disparut comme il était apparu.

La lune dessina un beau croissant dans le ciel et la neige vint à tomber.

Décontenancé par cette affirmation et l’étrangeté du moment, le père lâcha le panier de bûches de bois qu’il tenait jusque-là bien en main. Dans le noir, il prit un long moment pour ramasser les bûches. D’autant que la neige s’emmêlait et tombait d’abord en petits flocons, puis en plus gros, bientôt en rafales tourbillonnantes autour de lui.

Une fine pellicule blanche recouvrit le sol. Le père prit froid :
— Atchoum ! Résonna dans le jardin.

Le temps passant, le fils s’inquiéta à l’intérieur de la maison et alla à la rencontre de son père dans le jardin.

— Tout va bien, papa ? dit le fils.
— Oui, je pense. Oui, maintenant tout va bien. Merci, mon grand.

Le père et le fils rentrèrent à la maison. Le fils admirait les traces de pas laissées dans la neige et s’aperçut, en comparant la taille de ses chaussures sur la terre, qu’il avait bien grandi.

En poussant la porte d’entrée, pour la première fois, le jeune homme fut touché en plein cœur par la beauté des notes de musique de son frère.

La mère chanta :
— À table !

À cet instant, le fils se rappela avec compassion la table basse aux angles obtus qui avait accueilli tour à tour ses petites voitures et ses jeux d’enfant.

* Proverbe amérindien.

Intentions

Quels qu’elles soient, bonnes ou mauvaises, tout part d’une intention.
Découvrez le pouvoir de l’intention : cette force invisible qui influence nos actions, nos relations et notre réalité. Apprenez à poser une intention claire pour transformer votre vie.

L’intention est un but à atteindre. Un message à véhiculer, un projet à accomplir. Un message clair ou déguisé selon l’initiateur, qui peut avancer masqué.

Car malheureusement, toutes les intentions ne sont pas bonnes pour autrui du fait de sa malveillance et parfois pour soi du fait de :

• sa mauvaise formulation
• son empreinte énergétique
• sa confusion
• sa légèreté
• sa lourdeur
• etc.

Et cela pose parfois bien des dilemmes.

Comme tout part d’une intention, pourvu que l’intention soit juste et portée par une énergie bienveillante pour tout le monde.

Pour l’artiste peintre, cela passe par un jeu d’ombre et de lumière, le choix des coloris. Et soyez certain qu’en vous centrant dans votre cœur, vous recevrez très certainement l’intention qu’a souhaité véhiculer l’artiste.

D’ailleurs, peut-être recevez-vous l’intention dans l’image qui illustre cet article ?

En musique, en prêtant l’oreille à la mélodie, aux mots, au souffle du chanteur et aux pauses musicales, parfois même en quelques notes, tout notre corps vibre ou, étrangement, déchante d’instinct. Peut-être n’êtes-vous pas en phase avec l’intention que nous pourrions résumer à une ambiance musicale ?

Le pouvoir de l’intention recèle de secrets.

C’est un point essentiel, car chaque intention précède l’action.

Des intentions bien formulées génèrent :

• la bonne énergie nécessaire
• votre maturité affective
• un dialogue subtil avec votre inconscient qui apaise le mental (voir également : lien « On ne change pas »)

D’où l’importance de se poser et d’écouter son être profond de manière à ce qu’elle soit alignée à nos besoins profonds du moment et à notre aspiration.

L’intention pourrait donc s’apparenter à une flèche que nous voulons envoyer vers une cible. Pour être certain d’atteindre son but et de viser en plein dans le mille, il est préférable de se prémunir :

• d’un bon lanceur (l’état d’esprit)
• d’un arc avec une bonne corde (la posture du lanceur, incluant ses qualités et ses talents)
• d’une flèche bienveillante (l’intention)

Le lanceur de flèche doit donc être aligné, tout en étant au diapason avec la corde de son arc et la flèche, afin d’éviter toute dissonance qui ralentit ou éloigne du but à atteindre.

Pour éviter de vous transformer en une girouette qui fluctue au gré des vents contraires — le vent généré par la qualité des pensées dans la tête — restez focus sur votre intention, au risque de perdre le nord !

Une intention claire nous connecte à notre boussole intérieure.

Chaque mot est empreint d’une résonance, d’un message clair.

Mal utiliser les mots débouche sur une mauvaise formulation et détourne la flèche de la cible à atteindre.

En Programmation Neuro-Linguistique (PNL), il est déconseillé d’utiliser la négation. Le mot « ne » résonne comme un nœud énergétique et l’inconscient fait abstraction du mot « pas ». Il est donc préférable de formuler toutes les intentions à l’affirmatif.

Par exemple, « ne pas oublier » devient « je pense à ».

Les mots façonnent notre cohérence et notre force intérieure.

Connaissez-vous la signification du mot abracadabra ? Il n’a rien de magique dans l’absolu. Quoique ? Il signifie : je crée avec la parole.

Choisissez-vous des mots qui tranquillisent ou des mots qui agitent votre esprit ?

Chaque intention doit être :

• unique et concise, proscrire le mot « et », aller droit au but
• directe : éviter le 1 + 2 = 3. Aller directement à 3 (le résultat à obtenir)
• formulée avec des mots positifs. « La guerre est finie » devient « c’est la paix »
• à l’exclusion du conflit ou de la difficulté. Ex : « ma collègue est plus ouverte avec moi » devient « la relation avec ma collègue est harmonieuse »
• exprimée au présent (un vrai cadeau). Ex : « j’ai déménagé » devient « j’habite la maison qui me convient le mieux »

Une bonne formulation, de surcroît sincère, permet de transformer les choses dans la matière.

Il y a des paroles et des intentions blessantes : des critiques, des comparaisons malsaines et des jugements tranchants. Ce sont des drapeaux rouges qui en disent long sur l’état d’esprit du lanceur de flèche empoisonnée.

Prêtons-nous à un jeu. Pointons notre index et dessinons une flèche en pointant le pouce vers le ciel. Très vite, en examinant les doigts repliés par la force des choses, les trois autres doigts sont dirigés vers nous.

C’est l’effet boomerang du poison émotionnel lancé qui revient à l’envoyeur. (lien vers la sagesse)

Poser et formuler une intention juste est la moitié du chemin à parcourir.

Ensuite, l’attitude change tout dans la façon d’agir et de réagir.

Comment réagir lorsque nous perdons une ou plusieurs flèches en chemin ? Poursuivre, abandonner, accuser le vent qui était contre nous ?

Ou ajuster la corde à son arc ? Développer de nouveaux talents ? Modifier sa posture ? Agir plutôt que réagir ? Prendre en main son plein pouvoir ou le donner aux autres ?

Revoir la cible ? L’intention était-elle juste ?

🌸 Le secret d’une journée réussie et de la réussite commence par l’intention. Une intention prometteuse.

🌸 Et lorsque vous choisissez un cadeau pour un être cher, je vous invite à vous centrer dans votre cœur. Soyez certain qu’il recevra l’intention d’amour que vous y avez mise. Car avant toute chose, c’est l’intention qui compte.


Je pense à vous

René Descartes disait : « Je pense donc je suis », ou plus précisément Cogito ergo sum.
Et voilà comment la machine à penser fonctionne, ou dysfonctionne, tel un cheval au galop dans un manège, lié ou non à la corde de son cavalier.

À bien y réfléchir, nous endossons tous, à différents moments de la journée et de notre vie, différents rôles.

Donc je suis :

• la petite fille ou le petit garçon, qui pointent très souvent le bout de leur nez dans les moments de doute ou de vexation, là où l’ego est sollicité
• un parent
• un(e) ami(e)
• une personne centrée dans sa vie amoureuse, désignée communément comme étant en couple ou célibataire
• un statut social : employé, entrepreneur, à la recherche d’un emploi
• en bonne santé ou malade
• un(e) passionné(e)

Mais au final, qui sommes-nous si nous arrêtons de penser ?

J’allais vous dire quelque chose… mais j’ai oublié. J’étais perdu dans mes pensées ! Ah oui, ça me revient…

D’après une étude en neurosciences effectuée par l’Université Queen’s au Canada en 2020, l’analyse de l’imagerie cérébrale a détecté que l’être humain a entre 6 000 et 6 200 pensées par jour.

Heureux celui qui n’a jamais subi une nuit transi dans son lit, obnubilé par le même problème qui tourne en rond, en vain, dans le tracas et la peur générée par des mauvaises pensées.

Une invitation à se dépasser. D’où la nécessité d’apprendre à se servir de son mental à bon escient, avant qu’il ne nous manipule.

Un jour, Stephen Karpman, psychiatre et élève d’Eric Berne, s’est penché sur les différents rôles que nous pouvons endosser à notre insu. Il a schématisé le résultat de sa réflexion par un triangle appelé le triangle dramatique de Karpman.

Une figure géométrique qui explique les relations étroites qu’entretiennent, tour à tour, la victime et le bourreau, le sauveur et la victime. Une prise de conscience essentielle pour s’extraire et se désengager des relations malsaines. Tout un chemin pour modifier sa façon de penser.

        Sauveur
           /  \
         /      \
Victime —— Bourreau

Sommes-nous vraiment libres de penser ? Qu’est-ce qui conditionne notre manière de penser ?
Peut-on être pleinement soi lorsque nous sommes connectés à un écran ?

Voici un inventaire non exhaustif des objets auxquels nous nous connectons :

• la télévision
• le téléphone portable
• la montre (qui peut aller jusqu’à compter votre nombre de pas, les pulsations de votre cœur, etc.)
• des objets, y compris votre maison, par le biais d’une boîte électrique capable d’allumer ou d’éteindre la lumière

Excusez-moi… Jacques a dit : éteins la musique ! Je ne m’entendais plus penser. Je continue :

• internet
• l’intelligence artificielle
• les réseaux sociaux.

Je ne sais pas vous, mais parfois il m’est difficile de me déconnecter dans cet univers.

Allô, l’univers, il y a quelqu’un ? Allô ! Allô !

Bon, finalement, je vais tenter de me reconnecter à mon cœur. J’obtiendrai peut-être une réponse.

Tout le monde s’accorde à dire que chaque pensée est un bruit émis dans notre mental. Elles ont même le pouvoir de colorer la vie en rose ou de la ternir en noir, jusqu’au désespoir.

Il y a quelques années déjà, France Gall portait sa voix pour chanter : « Débranche tout ! »
Quant à Eckhart Tolle, il prônait les bienfaits de l’instant présent.

Toujours selon Eckhart Tolle, lorsque nous sommes plongés dans des pensées qui concernent :

• le passé : les mauvais souvenirs et expériences, nos blessures physiques et émotionnelles qui ont façonné notre vie jusqu’à aujourd’hui
• le futur : empreint de nos appréhensions, de nos joies et de nos espérances

Nous ne sommes pas dans l’instant présent, et donc déconnectés de notre être profond.

L’un des secrets serait de se déconnecter de son ego, entre autres, et de pratiquer le détachement des pensées.

Alors que, pour Albert Einstein, la notion du temps est relative, pour Eckhart Tolle, le temps n’existe pas : tout est un éternel présent (le passé est terminé donc il n’existe plus et le futur n’est pas encore là, donc il n’existe pas. Donc tout se passe toujours dans l’ici et maintenant : une véritable présence à soi à chaque instant).

Amusons-nous à réattribuer les rôles de chacun dans une conversation imaginaire et anachronique, lors d’un repas entre René Descartes, Eckhart Tolle et John Hammond (le créateur de Jurassic Park).

L’hôte dirait à ses invités :
— J’ai dépensé sans compter.

Le premier invité répondrait poliment :
— Je pense que c’est un excellent repas.

Et le second invité répondrait vraisemblablement :
— Je savoure le présent de ce repas.

Pour conclure, je vous laisse à présent réfléchir à celui qui pourrait affirmer :

« Soyons assurés que toute chose commence, ici et maintenant, par une simple pensée, qui génère une idée… Et façonne toute une vie. »

❀ Sénèque disait : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas les faire, c’est parce que nous n’osons pas les faire qu’elles sont difficiles. »

❀ Penser ou vivre ? Penser et vivre ? Ou ne plus avoir à y penser pour mieux le vivre ? Et se rapprocher de son âme en conscience.

Maya

Je vous emmène, le temps d’un instant, pour une promenade dans les pâturages, dans un petit coin de nature où il fleure bon… la nature.
Prêts pour l’aventure ? Veillez à ne pas vous disperser pour tenter de percer le mystère de la pollinisation.

Chaque plante est vouée à grandir. Mais, dans leur réalité biologique, il semblerait qu’elles aient deux objectifs essentiels : vivre et perpétuer la vie.
Leur reproduction passe majoritairement par la pollinisation.

Il existe des plantes hermaphrodites qui possèdent les organes reproducteurs et les gamètes nécessaires pour s’autopolliniser.
C’est le cas notamment de certaines plantes issues de la famille des Poacées (le blé, par exemple), des Fabacées (le soja, par exemple) et de quelques espèces dont les organes reproducteurs sont très rapprochés.

Les autres plantes auront recours à la pollinisation croisée.

La pollinisation entre en jeu chez les plantes à pied mâle et pied femelle, mais aussi chez les plantes unisexuées, pour lesquelles les choses se compliquent un peu.

Certaines plantes présentent :
• leurs organes reproducteurs mâles, appelés étamines, mûrs avant les organes reproducteurs femelles appelés pistils ;
• leurs organes reproducteurs femelles prêts avant les organes reproducteurs mâles ;
• un « obstacle » entre leurs organes reproducteurs, nécessitant une intervention mécanique, souvent assurée par un insecte, qui déclenche l’expulsion du pollen contenu dans l’organe mâle ;
• un obstacle génétique générant une auto-incompatibilité. C’est le cas du pommier, du poirier et du cerisier, par exemple. Il est alors nécessaire de planter à proximité une autre variété compatible, dite pollinisatrice.

Et comme la nature est bien faite, chacune développe les forces nécessaires pour être fécondée et trouver les alliés pollinisateurs indispensables : le vent, les insectes, les animaux, etc.

L’abeille, mais aussi les mouches, les moucherons et les papillons.
L’abeille plonge au cœur des fleurs mellifères pour s’abreuver du nectar, qui n’est autre qu’un liquide sucré présent sur les étamines et le pistil.

Le pollen contenu dans les fleurs est riche en protéines, un élément capital pour la survie de la reine, des abeilles de la ruche et pour la fabrication du miel.
Cette visite de l’abeille féconde la fleur, ou bien les résidus de pollen serviront à féconder une autre plante.

Pour développer la patience, je vous conseille « d’adopter » une orchidée.
Voici son secret : elle patiente jusqu’à ce qu’un moucheron vienne la féconder.
Mince… le moucheron y était presque, il vient d’être tué par une tapette à mouches !

Les oiseaux, dont les colibris, volent de branches en branches pour y trouver des cachettes et s’y nourrir.
Les oiseaux pollinisent les plantes lorsqu’ils se nourrissent de nectar, de fruits ou de graines.

En se posant sur une fleur pour atteindre le nectar, leur bec, leur tête ou leur plumage entrent en contact avec les étamines, les organes mâles de la plante. Le pollen s’y accroche.

Lorsque l’oiseau visite ensuite une autre fleur de la même espèce, une partie de ce pollen est déposée sur le pistil, l’organe femelle.
Cette rencontre permet la fécondation et déclenche la formation des graines et des fruits.

Le vent, allié des plantes anémophiles

Le vent dissémine le pollen chez les plantes anémophiles.
C’est le cas du noisetier, dont les chatons mâles libèrent une pluie jaune, évoquant le soufre, destinée à féconder les fleurs femelles.

Ce mode de reproduction est commun à l’ensemble de la famille des Bétulacées, notamment chez le bouleau et l’aulne.

De même, le grain pollinique est véhiculé par le vent chez de nombreuses Poacées, comme le maïs, le blé ou l’avoine.

L’eau, messagère discrète de la fécondation

Et que deviendraient les nénuphars et certaines Renonculacées sans l’élément eau ?

Voici quelques inspirations pédagogiques pour nos chérubins :

– Dessins animés et séries éducatives

Maya l’abeille – Le grand classique : la vie des insectes, la coopération, la pollinisation en filigrane
Apis (Le secret des abeilles) – Sensibilisation au rôle des abeilles et à leur disparition
Minuscule – Insectes, fleurs et écosystèmes, sans paroles mais très parlant
Bee Movie – Vision fantaisiste introduisant la notion de pollinisation
Les aventures de Bernard et Bianca – Épisodes à thématique environnementale
L’arbre à miel – Courts métrages éducatifs

– Livres jeunesse sur la pollinisation

Albums illustrés (3–7 ans)
L’abeille et le papillon – Gallimard Jeunesse
La petite abeille qui cherchait une fleur
Le voyage de l’abeille
Butine

Documentaires jeunesse (6–10 ans)
Les abeilles – Mes p’tits docs (Milan)
Pourquoi les abeilles butinent ?
La grande aventure des pollinisateurs
Abeilles, papillons et autres pollinisateurs

🌺 Et bientôt viendra le temps, pour elles, de la dispersion.
Le vent emportera avec lui les graines à maturité, spores, pappus, etc., au pied de la plante ou loin dans les airs.
L’eau éveillera la plante dans la terre en devenir, et le soleil apportera le feu nécessaire pour bien grandir.

🌺 Ainsi va la vie.
Et soyez assurés que, lorsque l’on se plante… On pousse !

Lien : Vive le vent

Je ne reconnais plus personne en Harley Davidson

Ce qui éclot aujourd’hui n’est pas forcément ce qui naîtra demain.

Dans un monde où tout change, s’accélère voire dégénère, il est important de garder à l’esprit que rien n’est certain, rien « né figé. »

Les choses naissent et évoluent, le temps change et les éléments s’acclimatent, se métamorphosent, transmutent. Ainsi va le cours des choses.

Au commencement de toute vie, il y a un germe, une cellule vivante, une impulsion.

Dans la nature, une graine dort, minuscule, silencieuse, mais déjà pleine d’intentions.

Premier acte : le cotylédon éclot — une petite feuille sort de terre, le limbe commence à circuler et la feuille s’élance vers la lumière.
• Puis la jeune pousse se hisse, fragile mais intrépide.
• Bientôt, l’arbre se forme, grandit : branches, feuilles, écorce — il devient refuge d’oiseaux, cachette de petits animaux, source d’ombre et promesse d’abondance.
• Puis vient le fruit : un aliment pour l’homme, les animaux, les insectes.

Cette graine, née d’un amour subtil entre la terre et le soleil, finit par nourrir, soigner, donner.
Bien des arbres perdent leurs feuilles en hiver : est-ce une offrande, un engrais naturel rendu à la terre ?

Et parmi ces plantes, il en est qui recèlent des secrets puissants :
une plante médicinale, par ses principes actifs, peut être transformée en médicament —
un remède qui sauve une vie, apaise une douleur, redonne ou maintient l’équilibre.

L’eau, qui recouvre environ 70 % de la Terre, ne se fixe jamais de manière définitive et évolue.

Sous l’effet du froid, l’eau devient :

Glaçon, presque impossible à maintenir. Un froid douloureux qui fige, met à l’arrêt et impose le silence. Sur le sol, il devient gel et provoque bien des chutes.
Flocon de neige, qui danse l’hiver. Il semble poétique, malléable, par ses formes géométriques éphémères. Mais attention, une nouvelle fois, à sa froideur : nous pourrions bien tomber de haut.

Et lorsque la chaleur revient :

• Tout fond sous les rayons du soleil, un peu comme chaque parent lorsqu’il voit son enfant pour la première fois.
• Tous aux abris, voilà la pluie. Les larmes du ciel qui nourrissent, rafraîchissent, lavent et font pousser bien des arbres.
• Chaleur, chaleur, voici la vapeur. L’eau qui se condense et monte de manière invisible, mais pourtant sous nos yeux, vers le ciel, par le biais de nuages qui ne font que passer.

L’eau change, évolue, se meurt et revient sur Terre.

Quelle couleur donneriez-vous à l’amour ?

• Au début : l’amour est souvent tout rose, comme la jolie fleur qui en est le symbole.
• S’il est blessé, nié, trahi, il peut devenir rancœur ; il se transforme en colère, rouge est sa couleur.
• Dans la tristesse, le temps ralentit et la météo de notre cœur, parfois aigri, devient grise comme un ciel bas et le moral dans les chaussettes.
• Et un jour prochain, le cœur se panse et notre ciel redevient bleu.

L’amour peut briser le cœur et nous faire casser des vases.
Mais l’erreur n’est-elle pas de vivre une vie sans amour ?

Tout ce qui est vivant donne, se transforme et se transforme encore.

Imaginons une prairie :

  1. L’herbe vert tendre pousse sous le soleil
  2. Une vache la broute — elle transforme, dans son corps, l’herbe en lait
  3. Ce lait nourrit un veau, apporte force et chaleur
  4. Les déjections de la vache retournent à la terre — matière riche, vivante
  5. Bientôt, ce qui était résidu devient compost — un terreau fertile qui nourrit de nouvelles graines
  6. Ainsi, l’herbe, le lait, les fleurs, les animaux entrent dans un cycle où rien ne se perd, tout se transforme.

C’est l’essence du recyclage :
ce qui fut vivant devient sol, puis vie à nouveau.
Et cela peut aussi s’appliquer aux objets usagés qui peuvent être réparés ou transformés pour dispenser un nouvel usage.

La peur est une vibration profonde et difficile qui attire l’attention :

• Elle peut immobiliser
• Inciter à la panique
• Engendrer la prise de mauvaises décisions
• Séparer.

Mais une fois regardée, comprise, transformée, la peur ouvre vers de nouvelles solutions :

✔ clarté
✔ prudence constructive et apprentissage
✔ force de solution
✔ amour.

La peur révèle. Elle révèle les failles et nous met face au pied du mur.

Dans les contes, la nature profonde des choses se révèle à travers des transformations éclatantes :

Shrek et sa compagne — au-delà des apparences se révèle une tendresse sincère.
Cendrillon — de haillons en robe de lumière, du rejet au triomphe, elle devient une femme magnifique.
Le crapaud qui devient prince — la beauté cachée révélée.
La Belle et la Bête — l’homme bestial se mue en prince charmant lorsque l’amour lui ouvre le cœur.

La beauté n’est pas qu’un joli visage.
Elle vient souvent du cœur, après avoir plongé dans un puits.
Connaissez-vous le puits enchanté de Grimm ?

Bien des formes de vie passent par des étapes :

  1. Graine / germe / œuf : la naissance et le potentiel des choses
  2. Croissance : l’enfance, les périodes apprentissages, les mises en mouvement et les adaptations
  3. Pleine maturité : les prises de conscience, la prise en main des choses
  4. Dissolution / transformation : les remises en question, les ajustements et la libération
  5. Envol : les choses sont acquises et de nouveaux horizons attendent.

Tout peut commencer par la chute d’une poire tombée au sol trop vite, trop mûre.
Un papillon de nuit discret, qui passait par là, y pond sur la peau.
Au fil du temps, l’œuf se développe en larve, la larve en chrysalide, et la chrysalide en papillon.

Si l’herbe venait à disparaître,
si le lait ne nourrissait plus,
si les fleurs se fanaient,
que deviendrait le vivant ?

Rien ne vit isolément :
chaque tige, chaque goutte d’eau, chaque araignée, chaque souffle d’amour participe à la grande toile de la vie.

Comme le dit un vieux proverbe amérindien :

« Quand l’homme aura coupé le dernier arbre, quand il aura empoisonné le dernier ruisseau, quand il aura pêché le dernier poisson, il se rendra compte que l’argent ne se mange pas. »

❀ Un proverbe qui invite à méditer sous un arbre pour que, un jour, les enfants des générations futures puissent continuer à savourer les fruits et, à leur tour, semer de petites graines.

Apprendre à aimer

Des rencontres numériques à l’amour durable

À l’heure où les couples se font et se défont comme des petites marionnettes sur les réseaux sociaux, il n’est pas toujours facile de déceler le vrai du faux.
Un anglicisme a d’ailleurs fait surface dans notre vocabulaire : le ghosting.
Une pratique qui consiste à cesser de communiquer, sans raison apparente, du jour au lendemain.

Derrière les écrans, les profils s’effacent parfois aussi vite qu’ils apparaissent.
Pourtant, au milieu de ces échanges furtifs, certains cherchent encore plus qu’une présence virtuelle : un lien réel, incarné, capable de traverser le temps.

Il était une fois une princesse, prisonnière dans son donjon.
La vie lui semblait fade et misérable.

Alors, elle chanta en préparant une eau de rose, du haut de son donjon :
Un jour, mon prince viendra.

Elle chanta, chanta jusqu’au bout de la nuit, et un jour…

Je vous laisse le libre arbitre de terminer cette histoire.
Soyez attentif à son issue, qui vous parlera de votre vision des choses.
Et peut-être vous prendrez-vous au jeu et retrouverez-vous votre âme d’enfant.

Le lion survit ce soir

N’en déplaise aux défaitistes, il y a des couples qui durent au fil des ans.
Des amours véritables qui ne s’étiolent pas, des couples amoureux, presque comme au premier jour.

Les chanceux !
Ils ne connaissent pas la crise… ou plutôt, ils ont appris à naviguer au gré des vents et des marées.

C’est sûr, ils ont un secret.
Mais quel est leur secret ?

Il y a quelque temps, un homme s’est penché sur cette question et s’est longuement interrogé sur le sujet : Gary Chapman.
À cette occasion, il a écrit un best-seller :
Au cœur des 5 langages de l’amour. Le secret des couples qui durent.

Un livre pertinent, où il évoque les différents langages de l’amour à développer pour préserver l’harmonie du couple.

Vous y apprendrez, entre autres, qu’il est inutile de couvrir de cadeaux une personne qui n’y est pas réceptive.
Parfois, le simple fait d’aider — ce que l’auteur nomme les services rendus — rééquilibre le couple et change la vision des choses.

Les couples solides ne cherchent pas à se compléter.
Ils apprennent à se respecter entiers.

Quand chacun garde ses hobbies, son identité profonde et ses valeurs, alors ensemble, ils forment une troisième entité :
1 + 1 devient 3.

Un matin ordinaire, dans une cuisine encore silencieuse, l’un prépare le café pendant que l’autre ouvre la fenêtre.
Un regard échangé.
Pas de discours.
Juste une présence partagée, simple dans l’alchimie des âmes.

Quand chacun reste soi, l’amour est de mise.
Chacun apprécie l’autre pour ce qu’il est, avec ses qualités et ses défauts.

Dans les épreuves et les nouvelles aventures, l’autre soutient, encourage et accompagne à sa manière.

Qui n’a jamais rêvé d’un ciel sans pluie ni nuages ?

C’est un peu cela dans la météo des couples, et les désaccords permettent d’ajuster les choses.

Chacun les vit à sa manière, selon son humeur du jour et sa sensibilité du moment.

Mais, au final, le soleil revient au beau fixe.

Après la phase de la lune de miel et des étoiles plein les yeux, la lune évolue dans leur ciel :

• La première phase : l’amour fou.
• La deuxième phase : chacun se dévoile et les habitudes s’installent.
• La troisième phase : les crises apparaissent parfois. Les repères changent, des malentendus apparaissent. Après les mises au point nécessaires, chacun réajuste sa voile.
La quatrième phase : le vent glisse sur la voile et le couple avance au gré des élans du cœur. A ce stade, chacun se connait presque par cœur.


Le plus important reste que chacun demeure en phase avec l’autre, et authentique.

Les couples qui durent n’ont pas tout compris.
Ils ont juste appris à revenir à leur essentiel.

Cela consiste majoritairement à revenir :
• au respect
• à l’écoute
• à la tendresse
• à la gratitude

Ils savent que l’amour n’est pas un état figé, mais un mouvement perpétuel.
Un souffle commun qui se cultive.

Le journal de Bridget Jones — Helen Fielding
Mange, prie, aime — Elizabeth Gilbert
Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus — John Gray
Nos étoiles contraires — John Green
Ensemble, c’est tout — Anna Gavalda

Sans oublier les films bollywood, avec ou sans Shahrukh Khan.
Dépaysement, chants et danses assurés.

❀ Aimer dans la durée, c’est accepter que l’amour évolue, s’assagisse, s’approfondisse.
C’est marcher pas à pas, sur un chemin parfois sinueux, côte à côte, en choisissant chaque jour de revenir à l’essentiel.

❀ Aimer, jusqu’à l’impossible ? Est-possible ?

L’île aux mimosas

Le mimosa : l’arbre qui invite le soleil à la maison

Alors que l’hiver est encore au rendez-vous, il s’invite à notre table tel de petits soleils.
Comme une promesse du retour prochain du printemps.
Son jaune doré réchauffe le cœur, la maison et l’âme.

Le mimosa, de son nom botanique Acacia dealbata, appartient à la grande famille des Fabacées.
Originaire d’Australie, il s’est adapté aux terres méditerranéennes, un climat qui lui convient.

Sa signature végétale :
• Il peut atteindre jusqu’à 15 mètres de hauteur
• Des feuilles fines, découpées, presque plumeuses
• Une floraison hivernale, entre janvier et mars
• Une inflorescence en glomérules : de petites sphères duveteuses composées de dizaines de minuscules fleurs

Ce que nous appelons « fleur de mimosa » est en réalité un pompon de fleurs.

Le mimosa est un arbre de paradoxes.
• Il fleurit quand tout dort
• Il illumine quand le ciel est bas
• Il est délicat et résistant

Dans le langage des fleurs, le mimosa symbolise :
• La sensibilité
• La tendresse
• La sécurité affective

Une ancienne légende raconte que le mimosa serait né d’une larme de soleil tombée sur la terre pour consoler les humains lors des jours froids.

En Italie, il est offert le 8 mars, lors de la Journée internationale des droits des femmes, comme symbole de force douce et de dignité lumineuse.

Imbolc est une fête celtique célébrée autour du 1er–2 février, exactement à mi-chemin entre le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps.
C’est une fête du presque rien et du déjà-là.

• La sève recommence à monter
• La lumière gagne quelques minutes
• Les brebis donnent leur premier lait
(Imbolc vient de i mbolg, « dans le ventre »)

Imbolc honore le moment où la vie se prépare dans l’invisible et l’hiver.

Botaniquement, le mimosa fleurit au même moment qu’Imbolc.
Symboliquement, il en est une incarnation parfaite.

• Il éclaire l’hiver
• Il annonce le printemps sans l’imposer
• Il porte le soleil avant l’heure

Ses fleurs rondes ressemblent à des étincelles végétales.
Chaque pompon jaune agit comme un petit feu doux.

Dans l’esprit d’Imbolc, le mimosa n’est pas une fleur décorative.
Il est un signe : la lumière est revenue, même si le froid persiste.

Mettre du mimosa sur sa table, ce n’est pas décorer.
C’est inviter le soleil à s’asseoir avec nous.

• Il réchauffe l’atmosphère
• Il apporte l’énergie joyeuse et vivante de la nature

Un simple bouquet de mimosa transforme :
• Un petit-déjeuner d’hiver en promesse de printemps
• Un repas ordinaire en instant précieux
• Une table silencieuse en lieu vibrant, en installant un brin de mimosa pour marquer la place de chacun lors d’un repas en famille ou entre amis

Peut-être faites-vous parti de ceux qui le préfèrent en pot, avec ses racines, afin de prolonger sa floraison et d’apprécier le voir grandir.

Offrir du mimosa, c’est dire sans mots :
• Je pense à toi
• Je te souhaite de la lumière
• Tu as une place particulière dans ma vie

S’offrir du mimosa est tout aussi précieux.
C’est une attention pour soi et pour la famille.
(Même si cette plante n’est pas considérée comme hautement toxique, il convient de rester vigilant avec les enfants et les animaux et de l’installer hors de leur portée.)

Sa présence, pour quelques jours, rassérène le foyer.

Le mimosa se prête merveilleusement aux activités créatives.

Quelques idées simples et joyeuses :
• Créer une couronne solaire avec des branches souples
• Compléter ou créer un herbier d’hiver ou toutes saisons confondues
• Le dessiner ou le peindre, seul(e) ou en famille
• Fabriquer une carte avec des empreintes de fleurs séchées
• Décorer un pot en verre avec quelques brins et une bougie
• L’observer en silence et se laisser inspirer

Ces gestes invitent à ralentir, à sentir, à observer comme un retour à l’innocence de l’enfance.

Mini conte écrit par Aiyana Catori

Il était une fois un arbre sur une île qui n’aimait pas le noir.
Chaque hiver était pour lui une source de désespoir.

Alors, pour se donner du courage, il pensait très fort au soleil.
Il en vint même à répéter pour s’endormir le soir :
Soleil, soleil, soleil.

Une nuit où le vent était un peu plus froid qu’à son habitude,
exaspéré par son attitude,
l’arbre cria sur un ton malheureux :

« Ô soleil mystérieux, comment fais-tu pour rendre les gens heureux ? »

À ces mots, le soleil sursauta et réfléchit pendant la nuit.
L’arbre eut les branches lourdes toute la nuit.

À son réveil, l’arbre vit des milliers de pompons jaunes suspendus à ses branches.

Le soleil généreux dit à l’intention de ses branches :
« Abracadabra, à compter d’aujourd’hui, tu t’appelles mimosa.
Et chaque année, chacun de tes petits soleils reviendra, mimosa,
pour te réchauffer et réchauffer le cœur des hommes et des oiseaux. »

Ainsi attendri par la beauté du mimosa, le chant des oiseaux
réveilla en douceur les fleurs du printemps.
Et en tout temps, chacun se rappellera que tout arrive au bon moment.

Et encore aujourd’hui, quand le mimosa fleurit,
les oiseaux partent en repérage d’un endroit pour un nouveau nid.

Création Aiyana Catori

C’est la ouate

C’est promis, dès que c’est possible, je ne fais rien.
Je me repose enfin. Presque.
J’aimerais d’abord trouver un peu de temps pour me poser, juste un instant.

Il ne s’agit pas de prendre du bon temps, mais de trouver du temps pour se reposer.
Et surtout d’y arriver.

Faire néant en s’impliquant, facile ou pas facile ?
Difficile et facile à la fois ? Ou carrément utopique !

Pas facile ?

Quand le corps tiraille, que les muscles se contractent, que la migraine s’invite, sans compter le manque de patience qui se fait ressentir sur l’humeur et l’entourage, quand le petit rhume pourtant bénin tarde à guérir ou récidive… Le corps nous parle.
Il a un message à nous délivrer.

Mais en feuilletant nos agendas, la liste des courses, les obligations professionnelles et familiales, ce n’est jamais le bon moment pour se reposer.

Nous enchaînons nos journées, les invitations et les repas entre amis.
Nous regardons d’un œil envieux la pile des magazines non lus, les livres qui s’empilent sur la table de nuit.

Puis notre esprit s’embue sur un projet qui semble piétiner, une échéance qui arrive, la peur de décevoir, nos engagements et cette volonté de toujours bien faire.

« Je voudrais bien, mais je n’arrive jamais à ne rien faire. »

Qui s’est reconnu ?

Facile ?

Aujourd’hui, je me pose.
Ça va être génial.
Mince, le réfrigérateur est vide. Je passe chez l’épicier et je reviens.

Pourtant, qu’il est bon de se ficher la paix.

Faire néant !
Est-ce impossible ou une possibilité parmi tant d’autres ?

Le jour J !
Comment ne rien faire ? Mince, je m’ennuie déjà.

Cela me fait penser qu’il y a le réfrigérateur à nettoyer.
Non… La console de jeux m’appelle, et les enfants ne sont pas là aujourd’hui. C’est une occasion unique. Si j’osais…

Oh non, il y a un bon film romantique à la télévision.
À moins que j’en profite pour rattraper mon retard sur les épisodes de ma série préférée ? Comme c’est tentant.

Mais j’ai lu quelque part qu’il est impossible de déconnecter en restant connecté à un écran.
Cela me donne matière à réfléchir.

Qu’est-ce que le Hygge ?

Le Hygge, prononcé « hou gue » en danois ou « hou ga » en français, est un art de vivre inspiré par les Danois.
Il se base sur le bien-être, le réconfort dans son cocon et une présence authentique avec son être pour développer un sentiment de sécurité intérieure.

Il se vit dans la chaleur et la lenteur.

Il consiste à profiter pleinement de son foyer pour un laps de temps programmé.
Un temps pour soi.
Une mise en veille.
De la bienveillance pour son être.
Une pause bien-être pour ralentir et écouter son corps, son mental et son état d’esprit du moment. Et lever le pied !

« Le Hygge nous rappelle que le bonheur se cache dans les choses simples, lentes et chaleureuses du quotidien. »
Meik Wiking

Voici quelques inspirations pour ralentir et reconnecter à soi. Elles consistent avant tout à se connecter à ses sens dans la nonchalance:

• Créer une atmosphère douce et chaleureuse avec des lumières tamisées, des bougies
• Prendre un bain en stimulant l’odorat (bain moussant, huile essentielle diluée dans une huile végétale), la vue (bougies)
• S’habiller de manière décontractée avec des textures et des couleurs réchauffantes
• Boire un thé, du maté, un café à la cannelle, une infusion ou une boisson chaude en s’éloignant des écrans
• Écouter de la musique douce et le silence
• Observer la pluie tomber en savourant la chaleur de son foyer
• Observer le vol des oiseaux, calfeutré(e) derrière une fenêtre
• Manger un repas simple, une soupe faite maison
• Couper le téléphone et les écrans
• S’éloigner des mauvaises nouvelles
• Méditer
• Privilégier une relation authentique avec soi et les membres de son foyer
• Écrire un journal intime, créer un tableau de visualisation, lire, écrire, dessiner ou cuisiner
• Peindre en se connectant à l’odorat : sur des matériaux naturels (des feuilles mortes, du bois, des coquillages ou coquilles st jacques recyclées)
• Travailler avec des matières vivantes
• Respecter ses besoins profonds
• En faire moins en déculpabilisant et s’offrir une présence pour soi, afin de mieux l’offrir aux autres ensuite

S’installer en cercle pour :

• Méditer en rond avec une musique douce, puis écouter le silence
• Raconter des contes anciens avec oreillers, plaids, doudous, chiens et chats à proximité
• Créer un conte inspirant : chacun ajoute une phrase à tour de rôle, le parent introduit un héros ou un archétype rassurant ou confrontant
• Prendre le temps de se regarder dans les yeux
• Prôner la lenteur
• Chanter des comptines douces
• Fermer les yeux et respirer lentement
• Nommer ou mimer les émotions et observer ce qui se passe dans le corps
• Écouter une méditation guidée
• Parler des animaux et des fleurs dans la nature

S’installer autour d’une table pour :

• Jouer à un jeu de société doux
• Jouer à un jeu de cartes
• Fabriquer un jeu familial avec des cartons recyclés
• Créer une recette de cuisine maison : la soupe magique qui fait grandir les enfants. Et la laisser mijoter à feu doux
• Faire une activité manuelle en tenant compte des talents de chacun
• Décorer des pierres, des pommes de pin, des feuilles
• Apprendre à tricoter ou à recoudre un bouton sans chercher la perfection
• Apprendre à décalquer un dessin ou une carte
• Faire du tricotin
• Créer un bracelet brésilien ou tressé
• Customiser ou recycler des objets
• Déguster un gâteau en veillant à respecter le rythme et la lenteur
• Partager une boisson chaude adaptée à tous

• Créer un herbier (après une balade familiale)
• Fabriquer un bestiaire
• Créer un coin Hygge dans la maison pour y revenir ensemble dès que possible

L’art de la lenteur.

Seul(e) ou en famille.
En faire moins et moins s’en faire, dans la joie et la bonne humeur.
Ralentir, se ressourcer, avant de finir anéanti(e) de fatigue.

❀ « Vivre en pleine conscience, ralentir son pas et goûter chaque seconde et chaque respiration, cela suffit. » – Thich Nhat Hanh –

Allumer le feu

Il est question ici d’honorer l’élément feu, mais aussi d’honorer la flamme de son cœur.
Il paraît que chaque être est composé d’une poussière d’étoile nichée dans son cœur. Nous y croyons ou nous n’y croyons pas, mais lorsque le feu disparaît de la vie ou d’une pièce à vivre, il laisse place à la froideur.

Le Petit Prince, un chef-d’œuvre littéraire intemporel. Une pépite pour le cœur de chaque enfant qui grandit.
L’un des personnages que le Petit Prince croise sur son chemin est l’allumeur de réverbères. Un homme simple qui éclaire le monde dans l’obscurité de la nuit.

Derrière cet archétype résonnent de nombreux messages, dont celui d’être bien accompagné.
Que votre chemin soit semé d’allumeurs de réverbères.

À ce propos, si cela n’est pas déjà fait, rappelez-vous d’en installer au minimum un par étage dans votre maison. Ou peut-être avez-vous simplement acheté une nouvelle pile : il est temps de l’installer dans le détecteur.

Parce qu’il existe des allumeurs de réverbères qui avancent masqués, il est important de détecter les imposteurs.
Les allumeurs de feux de paille, qui bien souvent ne font pas de compromis, avancent pourtant bien des promesses :

• Il est tout feu tout flamme : c’est la bonne personne pour vous, aucun doute.
• Il aime pointer du doigt les erreurs des autres.
• Il fait des monts et des merveilles.
• Il vous dit « oui », mais ajoute un « mais » de trop. C’est oui ou c’est non ? Non, mais !

C’est pourquoi il est essentiel de faire preuve de discernement et de rester connecté à votre propre boussole intérieure.

Tout commence par une intention qui semble bonne.
Mais derrière la destination à atteindre, n’y a-t-il pas un iceberg ?

Une intention juste l’est toujours pour tout le monde, car elle crée l’équilibre entre donner et recevoir.

Un allumeur de réverbère vous laisse toujours votre libre arbitre : la liberté de penser.

Il invite à avancer à son rythme, dans le non-jugement, en offrant des outils, un trousseau de clés ou un simple sourire chaleureux. Il avance dans la confiance, chacun trouvera la clé qui lui convient le mieux au bon moment.

Il invite au questionnement, mais ne dépose pas la solution sur un plateau.
Ses actes incarnent ses paroles, sa vérité.

Et si vous faites fausse route, il fait confiance à votre boussole intérieure et vous invite, encore, au questionnement.

Un allumeur de réverbère n’a rien d’un saint. Il a ses propres défauts et ses failles.
Veillez, à votre tour, à vous assurer que vous accueillez sa lumière sans chercher à l’éteindre.

• Une petite braise timide
• Un feu qui se consume parce qu’il manque de bois et d’air
• Un feu éteint par la pluie
• Un feu vif, prêt à s’emporter au moindre coup de vent
• Une flamme qui vacille
• Une flamme qui danse la joie
• Un relayeur de flamme
• Un feu qui s’adapte au gré du vent
• Un feu maîtrisé

Le phénix est un animal mythique emblématique. Il représente la possibilité de renaître de ses cendres.
La Fenice, l’opéra de Venise, a été incendié à trois reprises depuis 1792. Après chacun de ces incendies, il a été reconstruit pour redevenir à nouveau un chef-d’œuvre vivant.

feu intérieur

Mettre en place un rituel quotidien pour bien commencer la journée en se reliant à son cœur.
Soyez créatif : vous êtes les artistes de votre vie.

Voici quelques exemples de rituels à travers le monde

À Bali, les habitants installent chaque jour une offrande à la nature, composée par exemple de quelques fleurs de frangipanier et/ou un petit biscuit sec et d’un bâton d’encens, disposés dans un panier d’offrande ou sur un origami de feuille de palmier, devant leur porte.

En Inde, la journée commence par un puja déposé devant un autel.

Chez les Amérindiens, ils se réunissaient en cercle pour entretenir le feu de la joie à toute heure de la journée.

Dès que possible, lorsque la météo le permet, et tout particulièrement en hiver (en veillant à bien se couvrir), s’exposer au minimum cinq minutes au soleil.
Il est important de prendre soin de ses yeux en chaussant une bonne paire de lunettes solaires.

Cela permet, entre autres, de faire le plein de vitamine D, essentielle à la vitalité.

Chacun le vivra à sa manière :

• Les yeux fermés, assis face au soleil en se contentant d’être soi tout simplement et en appréciant le souffle qui circule dans ses poumons
• Les yeux fermés, en écoutant une musique douce ou une musique qui fait voyager, comme un raga indien, ou une musique dynamique pour se redynamiser, telle qu’un ori tahiti
• En tailleur ou en position du lotus, pour méditer avec ou sans mudras
• Etc., pourvu que cela se fasse à l’écoute de sa boussole intérieure, celle qui nous reconnecte à notre cœur et à l’énergie vitale.

❀ Parce que l’on ne plaisante pas avec le feu, j’honore et mets à l’honneur ici des héros du feu de chaque instant : les pompiers, qui œuvrent sans relâche pour l’harmonie et la sécurité au sein des foyers.

❀ Juste pour aujourd’hui, honorer qui brille en vous.
Et surtout, recommencez demain.

Ouvre moi la porte

Texte intégral : Aiyana Catori

Un soir, alors qu’il s’apprêtait à saluer, dans la gratitude, le soleil couchant, un chef de village amérindien reçut la visite de sa petite-fille, alors âgée de huit ans. C’était un soir de pleine lune et les femmes de la tribu s’étaient toutes retirées pour un moment de partage, dans la quiétude, au sein d’une lodge de pleine lune.

La petite fille entra, la mine préoccupée, dans le wigwam (habitation des Amérindiens semi-nomades) de son grand-père. Sans même parler, le grand-père sentit le tourment de l’enfant dans son dos. D’un regard de compassion, il lui demanda de s’asseoir à même le sol. La petite fille s’exécuta dans le silence.
L’enfant observa avec intérêt la fumée qui émanait du breuvage médicinal de son grand-père.

Après quelques instants, lorsque l’enfant fut revenue du pays des rêves, le grand-père posa ses mots dans ce havre de paix où rien ne semblait pouvoir troubler l’harmonie :

— Que se passe-t-il, Winona ?

Winona baissant les yeux sur le sol terreux et répondit les bras croisés :
— Avant qu’elle ne parte pour la lodge de pleine lune, j’ai croisé Magena. Elle m’a dit avec un petit sourire que je parlais trop et que je n’étais pas une petite fille sage.

Le grand-père but son breuvage médicinal à petites gorgées avant de répondre sur un ton cajoleur :

— Cela me rappelle une histoire. Un pan de mon histoire que j’ai vécu, alors que je m’apprêtais à devenir chef de village. Souhaites-tu que je te la raconte ?

Un sourire, venu du fond du cœur, se dessina sur les lèvres de Winona lorsqu’elle répondit :
— Oui.

Le grand-père porta son regard un instant vers le sommet du wigwam, comme pour observer le ciel, puis il se mit à narrer :

« Je suis le fils d’un chef de village. Ma destinée était de devenir chef de village. Alors que je m’inquiétais de l’importance de cette responsabilité, de la possibilité de m’engager un jour sur un chemin tortueux, je demandai à mon père : « Qu’est-ce que la sagesse ? »

Mon père ne répondit pas à ma question. Dès le lendemain, il organisa un conseil de village, qu’il nomma pour la première fois un conseil de sagesse. À midi, ce jour-là, tous les hommes du village s’installèrent en cercle autour de mon père et de moi. J’observais en silence les plumes des guerriers, lorsque mon père posa la question du jour : « Qu’est-ce que la sagesse ? »

Chacun leur tour, les hommes firent circuler le bâton de parole et s’exprimèrent ainsi, en laissant des pauses entre chaque phrase et en écoutant le silence. Le sujet fut considéré avec beaucoup de sérieux. Le conseil a duré quatre jours. Voici les réponses qu’ils apportèrent.

— La sagesse est inatteignable.
— C’est savoir que c’est une possibilité parmi tant d’autres.
— C’est savoir qu’il existe plusieurs chemins pour y parvenir.
— C’est la qualité des chemins empruntés qui déterminera l’arrivée.
— C’est parfois se taire même lorsque l’on sait.
— C’est savoir que cela ne sera pas facile tous les jours, et tenter l’aventure.
— C’est admettre qu’il existe plusieurs vérités.
— C’est rester humble quoi qu’il arrive.
— C’est trouver les réponses dans la nature.
— C’est descendre dans son cœur.
— C’est savoir que les choses ne plairont pas à tout le monde, et décider tout de même pour maintenir la paix.

Au fil de ces mots, j’observai que quelques hommes se désengagèrent du cercle, mais l’harmonie continuait de circuler.

— C’est prendre en compte la richesse de chaque rencontre. Chaque personne est une pierre précieuse sur son chemin.
— C’est trouver les réponses dans le ciel, dit un homme avec une belle plume blanche plantée à l’arrière de son crâne.
— C’est trouver les réponses en toutes choses.
— C’est trouver la réponse en soi.
— C’est se relever à chaque fois lorsque l’on tombe.
— C’est écouter le silence.
— C’est écouter le point de vue sacré de chacun.
— C’est écouter ses propres paroles pour savoir les remettre en question.
— C’est l’infiniment petit dans l’infiniment grand.
— C’est traverser son ombre.
— C’est observer sans juger l’autruche qui a cache la tête dans le sable.
— C’est museler le loup de ses propres colères.
— C’est aider sans secourir et secourir lorsque c’est nécessaire.
— C’est se rappeler que chaque goutte d’eau a été un jour une grande vague dans un océan.
— C’est la force de l’âge.
— C’est parler pour dire l’essentiel.
— Cela ne s’explique pas, cela se vit pas à pas.
— C’est l’équilibre entre l’ombre et la lumière.
— C’est savoir que le présent est un cadeau.
— C’est observer le vivant.
— C’est aimer sans s’oublier.
— C’est savoir que l’on ne sait rien.
— C’est préférer se taire plutôt que de convaincre.
— C’est voir l’extraordinaire dans l’ordinaire.
— C’est admettre que sans les éléments de la nature et le vivant, nous ne serions rien.
— C’est marcher dans la vérité.
— C’est marcher sur un chemin de beauté.
— C’est vivre dans la gratitude de son simple souffle.
— Il est inutile d’en parler, elle s’acquiert avec l’âge.
— C’est tirer des enseignements des leçons de vie.
— C’est savoir que les épreuves font partie du chemin.
— C’est apprendre à regarder la roue tourner. Chaque fin est un commencement.

J’ai très certainement oublié la moitié des réponses, le temps passe si vite, mon enfant. »

Il prit alors le temps d’observer Winona, ses tresses noires, ses joues rouges, sa petite bouche d’enfant, ses grands yeux marron. Déjà, son visage aux contours délicats se transformait, accueillant à nouveau la joie et l’innocence de son âge.

Les yeux de Winona croisèrent le regard attendri de son grand-père et elle dit :
— Rien ne sert d’y penser. Après tout, peut-être que je suis trop jeune pour cela. Ce n’est pas facile mais je pense qu’un jour je vais tout de même essayer.

Puis, tel un jaguar bondissant sur ses pattes, elle sourit et sortit et se mit à chanter en lakota.

Le grand père remercia le soleil pour cette belle journée qui s’en allait déjà et la nuit qui arrivait.

Texte intégral : Aiyana Catori