
René Descartes et la machine à penser
René Descartes disait : « Je pense donc je suis », ou plus précisément Cogito ergo sum.
Et voilà comment la machine à penser fonctionne, ou dysfonctionne, tel un cheval au galop dans un manège, lié ou non à la corde de son cavalier.
Je suis… Mais qui suis-je vraiment ?
À bien y réfléchir, nous endossons tous, à différents moments de la journée et de notre vie, différents rôles.
Donc je suis :
• la petite fille ou le petit garçon, qui pointent très souvent le bout de leur nez dans les moments de doute ou de vexation, là où l’ego est sollicité
• un parent
• un(e) ami(e)
• une personne centrée dans sa vie amoureuse, désignée communément comme étant en couple ou célibataire
• un statut social : employé, entrepreneur, à la recherche d’un emploi
• en bonne santé ou malade
• un(e) passionné(e)
Mais au final, qui sommes-nous si nous arrêtons de penser ?
Je subis ou j’agis sur mes pensées
J’allais vous dire quelque chose… mais j’ai oublié. J’étais perdu dans mes pensées ! Ah oui, ça me revient…
D’après une étude en neurosciences effectuée par l’Université Queen’s au Canada en 2020, l’analyse de l’imagerie cérébrale a détecté que l’être humain a entre 6 000 et 6 200 pensées par jour.
Heureux celui qui n’a jamais subi une nuit transi dans son lit, obnubilé par le même problème qui tourne en rond, en vain, dans le tracas et la peur générée par des mauvaises pensées.
Une invitation à se dépasser. D’où la nécessité d’apprendre à se servir de son mental à bon escient, avant qu’il ne nous manipule.
Parfois, je suis dans le triangle dramatique de Karpman
Un jour, Stephen Karpman, psychiatre et élève d’Eric Berne, s’est penché sur les différents rôles que nous pouvons endosser à notre insu. Il a schématisé le résultat de sa réflexion par un triangle appelé le triangle dramatique de Karpman.
Une figure géométrique qui explique les relations étroites qu’entretiennent, tour à tour, la victime et le bourreau, le sauveur et la victime. Une prise de conscience essentielle pour s’extraire et se désengager des relations malsaines. Tout un chemin pour modifier sa façon de penser.
Sauveur
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/ \
Victime —— Bourreau
Sommes-nous vraiment libres de penser à l’ère des écrans ?
Sommes-nous vraiment libres de penser ? Qu’est-ce qui conditionne notre manière de penser ?
Peut-on être pleinement soi lorsque nous sommes connectés à un écran ?
Voici un inventaire non exhaustif des objets auxquels nous nous connectons :
• la télévision
• le téléphone portable
• la montre (qui peut aller jusqu’à compter votre nombre de pas, les pulsations de votre cœur, etc.)
• des objets, y compris votre maison, par le biais d’une boîte électrique capable d’allumer ou d’éteindre la lumière
Excusez-moi… Jacques a dit : éteins la musique ! Je ne m’entendais plus penser. Je continue :
• internet
• l’intelligence artificielle
• les réseaux sociaux.
Je ne sais pas vous, mais parfois il m’est difficile de me déconnecter dans cet univers.
Allô, l’univers, il y a quelqu’un ? Allô ! Allô !
Bon, finalement, je vais tenter de me reconnecter à mon cœur. J’obtiendrai peut-être une réponse.
Déconnecter pour mieux vivre l’instant présent
Tout le monde s’accorde à dire que chaque pensée est un bruit émis dans notre mental. Elles ont même le pouvoir de colorer la vie en rose ou de la ternir en noir, jusqu’au désespoir.
Il y a quelques années déjà, France Gall portait sa voix pour chanter : « Débranche tout ! »
Quant à Eckhart Tolle, il prônait les bienfaits de l’instant présent.
Vivre dans l’instant présent
Toujours selon Eckhart Tolle, lorsque nous sommes plongés dans des pensées qui concernent :
• le passé : les mauvais souvenirs et expériences, nos blessures physiques et émotionnelles qui ont façonné notre vie jusqu’à aujourd’hui
• le futur : empreint de nos appréhensions, de nos joies et de nos espérances
Nous ne sommes pas dans l’instant présent, et donc déconnectés de notre être profond.
L’un des secrets serait de se déconnecter de son ego, entre autres, et de pratiquer le détachement des pensées.
Alors que, pour Albert Einstein, la notion du temps est relative, pour Eckhart Tolle, le temps n’existe pas : tout est un éternel présent (le passé est terminé donc il n’existe plus et le futur n’est pas encore là, donc il n’existe pas. Donc tout se passe toujours dans l’ici et maintenant : une véritable présence à soi à chaque instant).
Le rôle de la pensée : une conversation imaginaire
Amusons-nous à réattribuer les rôles de chacun dans une conversation imaginaire et anachronique, lors d’un repas entre René Descartes, Eckhart Tolle et John Hammond (le créateur de Jurassic Park).
L’hôte dirait à ses invités :
— J’ai dépensé sans compter.
Le premier invité répondrait poliment :
— Je pense que c’est un excellent repas.
Et le second invité répondrait vraisemblablement :
— Je savoure le présent de ce repas.
Pour conclure, je vous laisse à présent réfléchir à celui qui pourrait affirmer :
« Soyons assurés que toute chose commence, ici et maintenant, par une simple pensée, qui génère une idée… Et façonne toute une vie. »
❀ Sénèque disait : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas les faire, c’est parce que nous n’osons pas les faire qu’elles sont difficiles. »
❀ Penser ou vivre ? Penser et vivre ? Ou ne plus avoir à y penser pour mieux le vivre ? Et se rapprocher de son âme en conscience.