Je ne reconnais plus personne en Harley Davidson

Ce qui éclot aujourd’hui n’est pas forcément ce qui naîtra demain.

Dans un monde où tout change, s’accélère voire dégénère, il est important de garder à l’esprit que rien n’est certain, rien « né figé. »

Les choses naissent et évoluent, le temps change et les éléments s’acclimatent, se métamorphosent, transmutent. Ainsi va le cours des choses.

Au commencement de toute vie, il y a un germe, une cellule vivante, une impulsion.

Dans la nature, une graine dort, minuscule, silencieuse, mais déjà pleine d’intentions.

Premier acte : le cotylédon éclot — une petite feuille sort de terre, le limbe commence à circuler et la feuille s’élance vers la lumière.
• Puis la jeune pousse se hisse, fragile mais intrépide.
• Bientôt, l’arbre se forme, grandit : branches, feuilles, écorce — il devient refuge d’oiseaux, cachette de petits animaux, source d’ombre et promesse d’abondance.
• Puis vient le fruit : un aliment pour l’homme, les animaux, les insectes.

Cette graine, née d’un amour subtil entre la terre et le soleil, finit par nourrir, soigner, donner.
Bien des arbres perdent leurs feuilles en hiver : est-ce une offrande, un engrais naturel rendu à la terre ?

Et parmi ces plantes, il en est qui recèlent des secrets puissants :
une plante médicinale, par ses principes actifs, peut être transformée en médicament —
un remède qui sauve une vie, apaise une douleur, redonne ou maintient l’équilibre.

L’eau, qui recouvre environ 70 % de la Terre, ne se fixe jamais de manière définitive et évolue.

Sous l’effet du froid, l’eau devient :

Glaçon, presque impossible à maintenir. Un froid douloureux qui fige, met à l’arrêt et impose le silence. Sur le sol, il devient gel et provoque bien des chutes.
Flocon de neige, qui danse l’hiver. Il semble poétique, malléable, par ses formes géométriques éphémères. Mais attention, une nouvelle fois, à sa froideur : nous pourrions bien tomber de haut.

Et lorsque la chaleur revient :

• Tout fond sous les rayons du soleil, un peu comme chaque parent lorsqu’il voit son enfant pour la première fois.
• Tous aux abris, voilà la pluie. Les larmes du ciel qui nourrissent, rafraîchissent, lavent et font pousser bien des arbres.
• Chaleur, chaleur, voici la vapeur. L’eau qui se condense et monte de manière invisible, mais pourtant sous nos yeux, vers le ciel, par le biais de nuages qui ne font que passer.

L’eau change, évolue, se meurt et revient sur Terre.

Quelle couleur donneriez-vous à l’amour ?

• Au début : l’amour est souvent tout rose, comme la jolie fleur qui en est le symbole.
• S’il est blessé, nié, trahi, il peut devenir rancœur ; il se transforme en colère, rouge est sa couleur.
• Dans la tristesse, le temps ralentit et la météo de notre cœur, parfois aigri, devient grise comme un ciel bas et le moral dans les chaussettes.
• Et un jour prochain, le cœur se panse et notre ciel redevient bleu.

L’amour peut briser le cœur et nous faire casser des vases.
Mais l’erreur n’est-elle pas de vivre une vie sans amour ?

Tout ce qui est vivant donne, se transforme et se transforme encore.

Imaginons une prairie :

  1. L’herbe vert tendre pousse sous le soleil
  2. Une vache la broute — elle transforme, dans son corps, l’herbe en lait
  3. Ce lait nourrit un veau, apporte force et chaleur
  4. Les déjections de la vache retournent à la terre — matière riche, vivante
  5. Bientôt, ce qui était résidu devient compost — un terreau fertile qui nourrit de nouvelles graines
  6. Ainsi, l’herbe, le lait, les fleurs, les animaux entrent dans un cycle où rien ne se perd, tout se transforme.

C’est l’essence du recyclage :
ce qui fut vivant devient sol, puis vie à nouveau.
Et cela peut aussi s’appliquer aux objets usagés qui peuvent être réparés ou transformés pour dispenser un nouvel usage.

La peur est une vibration profonde et difficile qui attire l’attention :

• Elle peut immobiliser
• Inciter à la panique
• Engendrer la prise de mauvaises décisions
• Séparer.

Mais une fois regardée, comprise, transformée, la peur ouvre vers de nouvelles solutions :

✔ clarté
✔ prudence constructive et apprentissage
✔ force de solution
✔ amour.

La peur révèle. Elle révèle les failles et nous met face au pied du mur.

Dans les contes, la nature profonde des choses se révèle à travers des transformations éclatantes :

Shrek et sa compagne — au-delà des apparences se révèle une tendresse sincère.
Cendrillon — de haillons en robe de lumière, du rejet au triomphe, elle devient une femme magnifique.
Le crapaud qui devient prince — la beauté cachée révélée.
La Belle et la Bête — l’homme bestial se mue en prince charmant lorsque l’amour lui ouvre le cœur.

La beauté n’est pas qu’un joli visage.
Elle vient souvent du cœur, après avoir plongé dans un puits.
Connaissez-vous le puits enchanté de Grimm ?

Bien des formes de vie passent par des étapes :

  1. Graine / germe / œuf : la naissance et le potentiel des choses
  2. Croissance : l’enfance, les périodes apprentissages, les mises en mouvement et les adaptations
  3. Pleine maturité : les prises de conscience, la prise en main des choses
  4. Dissolution / transformation : les remises en question, les ajustements et la libération
  5. Envol : les choses sont acquises et de nouveaux horizons attendent.

Tout peut commencer par la chute d’une poire tombée au sol trop vite, trop mûre.
Un papillon de nuit discret, qui passait par là, y pond sur la peau.
Au fil du temps, l’œuf se développe en larve, la larve en chrysalide, et la chrysalide en papillon.

Si l’herbe venait à disparaître,
si le lait ne nourrissait plus,
si les fleurs se fanaient,
que deviendrait le vivant ?

Rien ne vit isolément :
chaque tige, chaque goutte d’eau, chaque araignée, chaque souffle d’amour participe à la grande toile de la vie.

Comme le dit un vieux proverbe amérindien :

« Quand l’homme aura coupé le dernier arbre, quand il aura empoisonné le dernier ruisseau, quand il aura pêché le dernier poisson, il se rendra compte que l’argent ne se mange pas. »

❀ Un proverbe qui invite à méditer sous un arbre pour que, un jour, les enfants des générations futures puissent continuer à savourer les fruits et, à leur tour, semer de petites graines.

Apprendre à aimer

Des rencontres numériques à l’amour durable

À l’heure où les couples se font et se défont comme des petites marionnettes sur les réseaux sociaux, il n’est pas toujours facile de déceler le vrai du faux.
Un anglicisme a d’ailleurs fait surface dans notre vocabulaire : le ghosting.
Une pratique qui consiste à cesser de communiquer, sans raison apparente, du jour au lendemain.

Derrière les écrans, les profils s’effacent parfois aussi vite qu’ils apparaissent.
Pourtant, au milieu de ces échanges furtifs, certains cherchent encore plus qu’une présence virtuelle : un lien réel, incarné, capable de traverser le temps.

Il était une fois une princesse, prisonnière dans son donjon.
La vie lui semblait fade et misérable.

Alors, elle chanta en préparant une eau de rose, du haut de son donjon :
Un jour, mon prince viendra.

Elle chanta, chanta jusqu’au bout de la nuit, et un jour…

Je vous laisse le libre arbitre de terminer cette histoire.
Soyez attentif à son issue, qui vous parlera de votre vision des choses.
Et peut-être vous prendrez-vous au jeu et retrouverez-vous votre âme d’enfant.

Le lion survit ce soir

N’en déplaise aux défaitistes, il y a des couples qui durent au fil des ans.
Des amours véritables qui ne s’étiolent pas, des couples amoureux, presque comme au premier jour.

Les chanceux !
Ils ne connaissent pas la crise… ou plutôt, ils ont appris à naviguer au gré des vents et des marées.

C’est sûr, ils ont un secret.
Mais quel est leur secret ?

Il y a quelque temps, un homme s’est penché sur cette question et s’est longuement interrogé sur le sujet : Gary Chapman.
À cette occasion, il a écrit un best-seller :
Au cœur des 5 langages de l’amour. Le secret des couples qui durent.

Un livre pertinent, où il évoque les différents langages de l’amour à développer pour préserver l’harmonie du couple.

Vous y apprendrez, entre autres, qu’il est inutile de couvrir de cadeaux une personne qui n’y est pas réceptive.
Parfois, le simple fait d’aider — ce que l’auteur nomme les services rendus — rééquilibre le couple et change la vision des choses.

Les couples solides ne cherchent pas à se compléter.
Ils apprennent à se respecter entiers.

Quand chacun garde ses hobbies, son identité profonde et ses valeurs, alors ensemble, ils forment une troisième entité :
1 + 1 devient 3.

Un matin ordinaire, dans une cuisine encore silencieuse, l’un prépare le café pendant que l’autre ouvre la fenêtre.
Un regard échangé.
Pas de discours.
Juste une présence partagée, simple dans l’alchimie des âmes.

Quand chacun reste soi, l’amour est de mise.
Chacun apprécie l’autre pour ce qu’il est, avec ses qualités et ses défauts.

Dans les épreuves et les nouvelles aventures, l’autre soutient, encourage et accompagne à sa manière.

Qui n’a jamais rêvé d’un ciel sans pluie ni nuages ?

C’est un peu cela dans la météo des couples, et les désaccords permettent d’ajuster les choses.

Chacun les vit à sa manière, selon son humeur du jour et sa sensibilité du moment.

Mais, au final, le soleil revient au beau fixe.

Après la phase de la lune de miel et des étoiles plein les yeux, la lune évolue dans leur ciel :

• La première phase : l’amour fou.
• La deuxième phase : chacun se dévoile et les habitudes s’installent.
• La troisième phase : les crises apparaissent parfois. Les repères changent, des malentendus apparaissent. Après les mises au point nécessaires, chacun réajuste sa voile.
La quatrième phase : le vent glisse sur la voile et le couple avance au gré des élans du cœur. A ce stade, chacun se connait presque par cœur.


Le plus important reste que chacun demeure en phase avec l’autre, et authentique.

Les couples qui durent n’ont pas tout compris.
Ils ont juste appris à revenir à leur essentiel.

Cela consiste majoritairement à revenir :
• au respect
• à l’écoute
• à la tendresse
• à la gratitude

Ils savent que l’amour n’est pas un état figé, mais un mouvement perpétuel.
Un souffle commun qui se cultive.

Le journal de Bridget Jones — Helen Fielding
Mange, prie, aime — Elizabeth Gilbert
Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus — John Gray
Nos étoiles contraires — John Green
Ensemble, c’est tout — Anna Gavalda

Sans oublier les films bollywood, avec ou sans Shahrukh Khan.
Dépaysement, chants et danses assurés.

❀ Aimer dans la durée, c’est accepter que l’amour évolue, s’assagisse, s’approfondisse.
C’est marcher pas à pas, sur un chemin parfois sinueux, côte à côte, en choisissant chaque jour de revenir à l’essentiel.

❀ Aimer, jusqu’à l’impossible ? Est-possible ?

L’île aux mimosas

Le mimosa : l’arbre qui invite le soleil à la maison

Alors que l’hiver est encore au rendez-vous, il s’invite à notre table tel de petits soleils.
Comme une promesse du retour prochain du printemps.
Son jaune doré réchauffe le cœur, la maison et l’âme.

Le mimosa, de son nom botanique Acacia dealbata, appartient à la grande famille des Fabacées.
Originaire d’Australie, il s’est adapté aux terres méditerranéennes, un climat qui lui convient.

Sa signature végétale :
• Il peut atteindre jusqu’à 15 mètres de hauteur
• Des feuilles fines, découpées, presque plumeuses
• Une floraison hivernale, entre janvier et mars
• Une inflorescence en glomérules : de petites sphères duveteuses composées de dizaines de minuscules fleurs

Ce que nous appelons « fleur de mimosa » est en réalité un pompon de fleurs.

Le mimosa est un arbre de paradoxes.
• Il fleurit quand tout dort
• Il illumine quand le ciel est bas
• Il est délicat et résistant

Dans le langage des fleurs, le mimosa symbolise :
• La sensibilité
• La tendresse
• La sécurité affective

Une ancienne légende raconte que le mimosa serait né d’une larme de soleil tombée sur la terre pour consoler les humains lors des jours froids.

En Italie, il est offert le 8 mars, lors de la Journée internationale des droits des femmes, comme symbole de force douce et de dignité lumineuse.

Imbolc est une fête celtique célébrée autour du 1er–2 février, exactement à mi-chemin entre le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps.
C’est une fête du presque rien et du déjà-là.

• La sève recommence à monter
• La lumière gagne quelques minutes
• Les brebis donnent leur premier lait
(Imbolc vient de i mbolg, « dans le ventre »)

Imbolc honore le moment où la vie se prépare dans l’invisible et l’hiver.

Botaniquement, le mimosa fleurit au même moment qu’Imbolc.
Symboliquement, il en est une incarnation parfaite.

• Il éclaire l’hiver
• Il annonce le printemps sans l’imposer
• Il porte le soleil avant l’heure

Ses fleurs rondes ressemblent à des étincelles végétales.
Chaque pompon jaune agit comme un petit feu doux.

Dans l’esprit d’Imbolc, le mimosa n’est pas une fleur décorative.
Il est un signe : la lumière est revenue, même si le froid persiste.

Mettre du mimosa sur sa table, ce n’est pas décorer.
C’est inviter le soleil à s’asseoir avec nous.

• Il réchauffe l’atmosphère
• Il apporte l’énergie joyeuse et vivante de la nature

Un simple bouquet de mimosa transforme :
• Un petit-déjeuner d’hiver en promesse de printemps
• Un repas ordinaire en instant précieux
• Une table silencieuse en lieu vibrant, en installant un brin de mimosa pour marquer la place de chacun lors d’un repas en famille ou entre amis

Peut-être faites-vous parti de ceux qui le préfèrent en pot, avec ses racines, afin de prolonger sa floraison et d’apprécier le voir grandir.

Offrir du mimosa, c’est dire sans mots :
• Je pense à toi
• Je te souhaite de la lumière
• Tu as une place particulière dans ma vie

S’offrir du mimosa est tout aussi précieux.
C’est une attention pour soi et pour la famille.
(Même si cette plante n’est pas considérée comme hautement toxique, il convient de rester vigilant avec les enfants et les animaux et de l’installer hors de leur portée.)

Sa présence, pour quelques jours, rassérène le foyer.

Le mimosa se prête merveilleusement aux activités créatives.

Quelques idées simples et joyeuses :
• Créer une couronne solaire avec des branches souples
• Compléter ou créer un herbier d’hiver ou toutes saisons confondues
• Le dessiner ou le peindre, seul(e) ou en famille
• Fabriquer une carte avec des empreintes de fleurs séchées
• Décorer un pot en verre avec quelques brins et une bougie
• L’observer en silence et se laisser inspirer

Ces gestes invitent à ralentir, à sentir, à observer comme un retour à l’innocence de l’enfance.

Mini conte écrit par Aiyana Catori

Il était une fois un arbre sur une île qui n’aimait pas le noir.
Chaque hiver était pour lui une source de désespoir.

Alors, pour se donner du courage, il pensait très fort au soleil.
Il en vint même à répéter pour s’endormir le soir :
Soleil, soleil, soleil.

Une nuit où le vent était un peu plus froid qu’à son habitude,
exaspéré par son attitude,
l’arbre cria sur un ton malheureux :

« Ô soleil mystérieux, comment fais-tu pour rendre les gens heureux ? »

À ces mots, le soleil sursauta et réfléchit pendant la nuit.
L’arbre eut les branches lourdes toute la nuit.

À son réveil, l’arbre vit des milliers de pompons jaunes suspendus à ses branches.

Le soleil généreux dit à l’intention de ses branches :
« Abracadabra, à compter d’aujourd’hui, tu t’appelles mimosa.
Et chaque année, chacun de tes petits soleils reviendra, mimosa,
pour te réchauffer et réchauffer le cœur des hommes et des oiseaux. »

Ainsi attendri par la beauté du mimosa, le chant des oiseaux
réveilla en douceur les fleurs du printemps.
Et en tout temps, chacun se rappellera que tout arrive au bon moment.

Et encore aujourd’hui, quand le mimosa fleurit,
les oiseaux partent en repérage d’un endroit pour un nouveau nid.

Création Aiyana Catori

C’est la ouate

C’est promis, dès que c’est possible, je ne fais rien.
Je me repose enfin. Presque.
J’aimerais d’abord trouver un peu de temps pour me poser, juste un instant.

Il ne s’agit pas de prendre du bon temps, mais de trouver du temps pour se reposer.
Et surtout d’y arriver.

Faire néant en s’impliquant, facile ou pas facile ?
Difficile et facile à la fois ? Ou carrément utopique !

Pas facile ?

Quand le corps tiraille, que les muscles se contractent, que la migraine s’invite, sans compter le manque de patience qui se fait ressentir sur l’humeur et l’entourage, quand le petit rhume pourtant bénin tarde à guérir ou récidive… Le corps nous parle.
Il a un message à nous délivrer.

Mais en feuilletant nos agendas, la liste des courses, les obligations professionnelles et familiales, ce n’est jamais le bon moment pour se reposer.

Nous enchaînons nos journées, les invitations et les repas entre amis.
Nous regardons d’un œil envieux la pile des magazines non lus, les livres qui s’empilent sur la table de nuit.

Puis notre esprit s’embue sur un projet qui semble piétiner, une échéance qui arrive, la peur de décevoir, nos engagements et cette volonté de toujours bien faire.

« Je voudrais bien, mais je n’arrive jamais à ne rien faire. »

Qui s’est reconnu ?

Facile ?

Aujourd’hui, je me pose.
Ça va être génial.
Mince, le réfrigérateur est vide. Je passe chez l’épicier et je reviens.

Pourtant, qu’il est bon de se ficher la paix.

Faire néant !
Est-ce impossible ou une possibilité parmi tant d’autres ?

Le jour J !
Comment ne rien faire ? Mince, je m’ennuie déjà.

Cela me fait penser qu’il y a le réfrigérateur à nettoyer.
Non… La console de jeux m’appelle, et les enfants ne sont pas là aujourd’hui. C’est une occasion unique. Si j’osais…

Oh non, il y a un bon film romantique à la télévision.
À moins que j’en profite pour rattraper mon retard sur les épisodes de ma série préférée ? Comme c’est tentant.

Mais j’ai lu quelque part qu’il est impossible de déconnecter en restant connecté à un écran.
Cela me donne matière à réfléchir.

Qu’est-ce que le Hygge ?

Le Hygge, prononcé « hou gue » en danois ou « hou ga » en français, est un art de vivre inspiré par les Danois.
Il se base sur le bien-être, le réconfort dans son cocon et une présence authentique avec son être pour développer un sentiment de sécurité intérieure.

Il se vit dans la chaleur et la lenteur.

Il consiste à profiter pleinement de son foyer pour un laps de temps programmé.
Un temps pour soi.
Une mise en veille.
De la bienveillance pour son être.
Une pause bien-être pour ralentir et écouter son corps, son mental et son état d’esprit du moment. Et lever le pied !

« Le Hygge nous rappelle que le bonheur se cache dans les choses simples, lentes et chaleureuses du quotidien. »
Meik Wiking

Voici quelques inspirations pour ralentir et reconnecter à soi. Elles consistent avant tout à se connecter à ses sens dans la nonchalance:

• Créer une atmosphère douce et chaleureuse avec des lumières tamisées, des bougies
• Prendre un bain en stimulant l’odorat (bain moussant, huile essentielle diluée dans une huile végétale), la vue (bougies)
• S’habiller de manière décontractée avec des textures et des couleurs réchauffantes
• Boire un thé, du maté, un café à la cannelle, une infusion ou une boisson chaude en s’éloignant des écrans
• Écouter de la musique douce et le silence
• Observer la pluie tomber en savourant la chaleur de son foyer
• Observer le vol des oiseaux, calfeutré(e) derrière une fenêtre
• Manger un repas simple, une soupe faite maison
• Couper le téléphone et les écrans
• S’éloigner des mauvaises nouvelles
• Méditer
• Privilégier une relation authentique avec soi et les membres de son foyer
• Écrire un journal intime, créer un tableau de visualisation, lire, écrire, dessiner ou cuisiner
• Peindre en se connectant à l’odorat : sur des matériaux naturels (des feuilles mortes, du bois, des coquillages ou coquilles st jacques recyclées)
• Travailler avec des matières vivantes
• Respecter ses besoins profonds
• En faire moins en déculpabilisant et s’offrir une présence pour soi, afin de mieux l’offrir aux autres ensuite

S’installer en cercle pour :

• Méditer en rond avec une musique douce, puis écouter le silence
• Raconter des contes anciens avec oreillers, plaids, doudous, chiens et chats à proximité
• Créer un conte inspirant : chacun ajoute une phrase à tour de rôle, le parent introduit un héros ou un archétype rassurant ou confrontant
• Prendre le temps de se regarder dans les yeux
• Prôner la lenteur
• Chanter des comptines douces
• Fermer les yeux et respirer lentement
• Nommer ou mimer les émotions et observer ce qui se passe dans le corps
• Écouter une méditation guidée
• Parler des animaux et des fleurs dans la nature

S’installer autour d’une table pour :

• Jouer à un jeu de société doux
• Jouer à un jeu de cartes
• Fabriquer un jeu familial avec des cartons recyclés
• Créer une recette de cuisine maison : la soupe magique qui fait grandir les enfants. Et la laisser mijoter à feu doux
• Faire une activité manuelle en tenant compte des talents de chacun
• Décorer des pierres, des pommes de pin, des feuilles
• Apprendre à tricoter ou à recoudre un bouton sans chercher la perfection
• Apprendre à décalquer un dessin ou une carte
• Faire du tricotin
• Créer un bracelet brésilien ou tressé
• Customiser ou recycler des objets
• Déguster un gâteau en veillant à respecter le rythme et la lenteur
• Partager une boisson chaude adaptée à tous

• Créer un herbier (après une balade familiale)
• Fabriquer un bestiaire
• Créer un coin Hygge dans la maison pour y revenir ensemble dès que possible

L’art de la lenteur.

Seul(e) ou en famille.
En faire moins et moins s’en faire, dans la joie et la bonne humeur.
Ralentir, se ressourcer, avant de finir anéanti(e) de fatigue.

❀ « Vivre en pleine conscience, ralentir son pas et goûter chaque seconde et chaque respiration, cela suffit. » – Thich Nhat Hanh –

Allumer le feu

Il est question ici d’honorer l’élément feu, mais aussi d’honorer la flamme de son cœur.
Il paraît que chaque être est composé d’une poussière d’étoile nichée dans son cœur. Nous y croyons ou nous n’y croyons pas, mais lorsque le feu disparaît de la vie ou d’une pièce à vivre, il laisse place à la froideur.

Le Petit Prince, un chef-d’œuvre littéraire intemporel. Une pépite pour le cœur de chaque enfant qui grandit.
L’un des personnages que le Petit Prince croise sur son chemin est l’allumeur de réverbères. Un homme simple qui éclaire le monde dans l’obscurité de la nuit.

Derrière cet archétype résonnent de nombreux messages, dont celui d’être bien accompagné.
Que votre chemin soit semé d’allumeurs de réverbères.

À ce propos, si cela n’est pas déjà fait, rappelez-vous d’en installer au minimum un par étage dans votre maison. Ou peut-être avez-vous simplement acheté une nouvelle pile : il est temps de l’installer dans le détecteur.

Parce qu’il existe des allumeurs de réverbères qui avancent masqués, il est important de détecter les imposteurs.
Les allumeurs de feux de paille, qui bien souvent ne font pas de compromis, avancent pourtant bien des promesses :

• Il est tout feu tout flamme : c’est la bonne personne pour vous, aucun doute.
• Il aime pointer du doigt les erreurs des autres.
• Il fait des monts et des merveilles.
• Il vous dit « oui », mais ajoute un « mais » de trop. C’est oui ou c’est non ? Non, mais !

C’est pourquoi il est essentiel de faire preuve de discernement et de rester connecté à votre propre boussole intérieure.

Tout commence par une intention qui semble bonne.
Mais derrière la destination à atteindre, n’y a-t-il pas un iceberg ?

Une intention juste l’est toujours pour tout le monde, car elle crée l’équilibre entre donner et recevoir.

Un allumeur de réverbère vous laisse toujours votre libre arbitre : la liberté de penser.

Il invite à avancer à son rythme, dans le non-jugement, en offrant des outils, un trousseau de clés ou un simple sourire chaleureux. Il avance dans la confiance, chacun trouvera la clé qui lui convient le mieux au bon moment.

Il invite au questionnement, mais ne dépose pas la solution sur un plateau.
Ses actes incarnent ses paroles, sa vérité.

Et si vous faites fausse route, il fait confiance à votre boussole intérieure et vous invite, encore, au questionnement.

Un allumeur de réverbère n’a rien d’un saint. Il a ses propres défauts et ses failles.
Veillez, à votre tour, à vous assurer que vous accueillez sa lumière sans chercher à l’éteindre.

• Une petite braise timide
• Un feu qui se consume parce qu’il manque de bois et d’air
• Un feu éteint par la pluie
• Un feu vif, prêt à s’emporter au moindre coup de vent
• Une flamme qui vacille
• Une flamme qui danse la joie
• Un relayeur de flamme
• Un feu qui s’adapte au gré du vent
• Un feu maîtrisé

Le phénix est un animal mythique emblématique. Il représente la possibilité de renaître de ses cendres.
La Fenice, l’opéra de Venise, a été incendié à trois reprises depuis 1792. Après chacun de ces incendies, il a été reconstruit pour redevenir à nouveau un chef-d’œuvre vivant.

feu intérieur

Mettre en place un rituel quotidien pour bien commencer la journée en se reliant à son cœur.
Soyez créatif : vous êtes les artistes de votre vie.

Voici quelques exemples de rituels à travers le monde

À Bali, les habitants installent chaque jour une offrande à la nature, composée par exemple de quelques fleurs de frangipanier et/ou un petit biscuit sec et d’un bâton d’encens, disposés dans un panier d’offrande ou sur un origami de feuille de palmier, devant leur porte.

En Inde, la journée commence par un puja déposé devant un autel.

Chez les Amérindiens, ils se réunissaient en cercle pour entretenir le feu de la joie à toute heure de la journée.

Dès que possible, lorsque la météo le permet, et tout particulièrement en hiver (en veillant à bien se couvrir), s’exposer au minimum cinq minutes au soleil.
Il est important de prendre soin de ses yeux en chaussant une bonne paire de lunettes solaires.

Cela permet, entre autres, de faire le plein de vitamine D, essentielle à la vitalité.

Chacun le vivra à sa manière :

• Les yeux fermés, assis face au soleil en se contentant d’être soi tout simplement et en appréciant le souffle qui circule dans ses poumons
• Les yeux fermés, en écoutant une musique douce ou une musique qui fait voyager, comme un raga indien, ou une musique dynamique pour se redynamiser, telle qu’un ori tahiti
• En tailleur ou en position du lotus, pour méditer avec ou sans mudras
• Etc., pourvu que cela se fasse à l’écoute de sa boussole intérieure, celle qui nous reconnecte à notre cœur et à l’énergie vitale.

❀ Parce que l’on ne plaisante pas avec le feu, j’honore et mets à l’honneur ici des héros du feu de chaque instant : les pompiers, qui œuvrent sans relâche pour l’harmonie et la sécurité au sein des foyers.

❀ Juste pour aujourd’hui, honorer qui brille en vous.
Et surtout, recommencez demain.

Ouvre moi la porte

Texte intégral : Aiyana Catori

Un soir, alors qu’il s’apprêtait à saluer, dans la gratitude, le soleil couchant, un chef de village amérindien reçut la visite de sa petite-fille, alors âgée de huit ans. C’était un soir de pleine lune et les femmes de la tribu s’étaient toutes retirées pour un moment de partage, dans la quiétude, au sein d’une lodge de pleine lune.

La petite fille entra, la mine préoccupée, dans le wigwam (habitation des Amérindiens semi-nomades) de son grand-père. Sans même parler, le grand-père sentit le tourment de l’enfant dans son dos. D’un regard de compassion, il lui demanda de s’asseoir à même le sol. La petite fille s’exécuta dans le silence.
L’enfant observa avec intérêt la fumée qui émanait du breuvage médicinal de son grand-père.

Après quelques instants, lorsque l’enfant fut revenue du pays des rêves, le grand-père posa ses mots dans ce havre de paix où rien ne semblait pouvoir troubler l’harmonie :

— Que se passe-t-il, Winona ?

Winona baissant les yeux sur le sol terreux et répondit les bras croisés :
— Avant qu’elle ne parte pour la lodge de pleine lune, j’ai croisé Magena. Elle m’a dit avec un petit sourire que je parlais trop et que je n’étais pas une petite fille sage.

Le grand-père but son breuvage médicinal à petites gorgées avant de répondre sur un ton cajoleur :

— Cela me rappelle une histoire. Un pan de mon histoire que j’ai vécu, alors que je m’apprêtais à devenir chef de village. Souhaites-tu que je te la raconte ?

Un sourire, venu du fond du cœur, se dessina sur les lèvres de Winona lorsqu’elle répondit :
— Oui.

Le grand-père porta son regard un instant vers le sommet du wigwam, comme pour observer le ciel, puis il se mit à narrer :

« Je suis le fils d’un chef de village. Ma destinée était de devenir chef de village. Alors que je m’inquiétais de l’importance de cette responsabilité, de la possibilité de m’engager un jour sur un chemin tortueux, je demandai à mon père : « Qu’est-ce que la sagesse ? »

Mon père ne répondit pas à ma question. Dès le lendemain, il organisa un conseil de village, qu’il nomma pour la première fois un conseil de sagesse. À midi, ce jour-là, tous les hommes du village s’installèrent en cercle autour de mon père et de moi. J’observais en silence les plumes des guerriers, lorsque mon père posa la question du jour : « Qu’est-ce que la sagesse ? »

Chacun leur tour, les hommes firent circuler le bâton de parole et s’exprimèrent ainsi, en laissant des pauses entre chaque phrase et en écoutant le silence. Le sujet fut considéré avec beaucoup de sérieux. Le conseil a duré quatre jours. Voici les réponses qu’ils apportèrent.

— La sagesse est inatteignable.
— C’est savoir que c’est une possibilité parmi tant d’autres.
— C’est savoir qu’il existe plusieurs chemins pour y parvenir.
— C’est la qualité des chemins empruntés qui déterminera l’arrivée.
— C’est parfois se taire même lorsque l’on sait.
— C’est savoir que cela ne sera pas facile tous les jours, et tenter l’aventure.
— C’est admettre qu’il existe plusieurs vérités.
— C’est rester humble quoi qu’il arrive.
— C’est trouver les réponses dans la nature.
— C’est descendre dans son cœur.
— C’est savoir que les choses ne plairont pas à tout le monde, et décider tout de même pour maintenir la paix.

Au fil de ces mots, j’observai que quelques hommes se désengagèrent du cercle, mais l’harmonie continuait de circuler.

— C’est prendre en compte la richesse de chaque rencontre. Chaque personne est une pierre précieuse sur son chemin.
— C’est trouver les réponses dans le ciel, dit un homme avec une belle plume blanche plantée à l’arrière de son crâne.
— C’est trouver les réponses en toutes choses.
— C’est trouver la réponse en soi.
— C’est se relever à chaque fois lorsque l’on tombe.
— C’est écouter le silence.
— C’est écouter le point de vue sacré de chacun.
— C’est écouter ses propres paroles pour savoir les remettre en question.
— C’est l’infiniment petit dans l’infiniment grand.
— C’est traverser son ombre.
— C’est observer sans juger l’autruche qui a cache la tête dans le sable.
— C’est museler le loup de ses propres colères.
— C’est aider sans secourir et secourir lorsque c’est nécessaire.
— C’est se rappeler que chaque goutte d’eau a été un jour une grande vague dans un océan.
— C’est la force de l’âge.
— C’est parler pour dire l’essentiel.
— Cela ne s’explique pas, cela se vit pas à pas.
— C’est l’équilibre entre l’ombre et la lumière.
— C’est savoir que le présent est un cadeau.
— C’est observer le vivant.
— C’est aimer sans s’oublier.
— C’est savoir que l’on ne sait rien.
— C’est préférer se taire plutôt que de convaincre.
— C’est voir l’extraordinaire dans l’ordinaire.
— C’est admettre que sans les éléments de la nature et le vivant, nous ne serions rien.
— C’est marcher dans la vérité.
— C’est marcher sur un chemin de beauté.
— C’est vivre dans la gratitude de son simple souffle.
— Il est inutile d’en parler, elle s’acquiert avec l’âge.
— C’est tirer des enseignements des leçons de vie.
— C’est savoir que les épreuves font partie du chemin.
— C’est apprendre à regarder la roue tourner. Chaque fin est un commencement.

J’ai très certainement oublié la moitié des réponses, le temps passe si vite, mon enfant. »

Il prit alors le temps d’observer Winona, ses tresses noires, ses joues rouges, sa petite bouche d’enfant, ses grands yeux marron. Déjà, son visage aux contours délicats se transformait, accueillant à nouveau la joie et l’innocence de son âge.

Les yeux de Winona croisèrent le regard attendri de son grand-père et elle dit :
— Rien ne sert d’y penser. Après tout, peut-être que je suis trop jeune pour cela. Ce n’est pas facile mais je pense qu’un jour je vais tout de même essayer.

Puis, tel un jaguar bondissant sur ses pattes, elle sourit et sortit et se mit à chanter en lakota.

Le grand père remercia le soleil pour cette belle journée qui s’en allait déjà et la nuit qui arrivait.

Texte intégral : Aiyana Catori

Citron gingembre

Il y a des matins avec, des matins sans, et des lendemains de fête.
Et puis il y a ces moments où notre corps semble solliciter plus d’énergie qu’à son habitude.

Pour nous donner un petit coup de boost énergétique, j’appelle mon cher et tendre ami le gingembre dans l’assiette.
Une racine faible en calories et à haut potentiel.
Une épice qui nous soutient lorsque nous sommes à plat.

Le gingembre (Zingiber officinale, de la famille des Zingiberaceae) est une plante tropicale.
La partie utilisée est le rhizome.

Sa saveur est surprenante et vive : citronnée, poivrée.
En bouche, il réchauffe les papilles.

Les avis sont tranchés à son égard : on l’aime ou on ne l’aime pas du tout !
Il est donc préférable de l’éloigner de la bouche et des mains des enfants.

Frais ou séché, il sait comment épicer les plats.

En cuisine, frais ou sec,  avec parcimonie, il relève :
– les plats de légumes,
– les soupes,
– les marinades,
– les desserts épicés notamment dans le pain d’épices.

En boisson, il soutient :
– la digestion,
– la vitalité,
– la sensation de chaleur intérieure.

En usage traditionnel, il est associé :
– au feu digestif (il soulage en cas de nausées),
– à la circulation,
– à l’élan vital.

Néanmoins, prudence comme toujours en cas de traitement médical ou de grossesse en cours. D’autant que si vous avez un traitement en cours, il a tendance à décupler l’efficacité de certains médicaments. Ce qui peut s’avérer dangereux pour votre santé.

Une petite quantité suffit : le gingembre enseigne la juste mesure.
Son renom va sans dire. Il fait partie de la pharmacopée (liste A) ainsi que de la pharmacopée européenne.
La légende lui prête également des vertus aphrodisiaques.

Dans la Chine ancienne, le gingembre figurait déjà dans les écrits médicaux.
Il était considéré comme un soutien du souffle vital, le Qi.

Dans l’Inde védique, en sanskrit śṛṅgavera signifie « en forme de corne ».
Il portait aussi le nom de vishvabhesaj, « le remède universel ».
Tel un porte-bonheur, il était offert aux voyageurs avant de longs périples.

Chez les Grecs et les Romains, le gingembre arrivait par les routes commerciales d’Orient.
Il était servi confit après les banquets afin d’apaiser l’estomac et de clarifier l’esprit.

De tout temps, son prix est resté abordable, ce qui l’a rendu accessible au plus grand nombre.

Une boisson simple, une routine qui s’adapte au gré des saisons.

Ingrédients 

• 1 cuillère à café de dés de gingembre frais ou un sachet de tisane
(ou 1 à 2 morceaux de gingembre déshydraté, idéal pour une préparation à froid)
• 3 à 4 rondelles de citron
• 500 ml d’eau
• 1 cuillère à café de miel.

Préparation 

• Porter l’eau à ébullition.
• Ajouter le gingembre et le citron.
• Laisser infuser 10 minutes.
• Filtrer si nécessaire.
• Ajouter le miel lorsque la boisson est tiède.

Deux façons de la savourer 

Chaude, en tisane
→ idéale pour soutenir la digestion et réchauffer le corps.

Froide, en carafe l’été
→ rafraîchissante, avec la possibilité d’ajouter quelques feuilles de menthe fraîche.

À boire dans la journée.

Ingrédients 

  • 250 g de gingembre frais
  • 500 ml d’eau
  • 250 g de sucre (blanc ou blond, selon votre goût pour une meilleure conservation)
  • (facultatif) un peu de sucre pour l’enrobage final

Préparation 

  1. Éplucher le gingembre à l’aide d’une petite cuillère.
  2. Couper le en fines tranches ou en petits dés réguliers.
  3. Déposer les petits morceaux dans une casserole, couvre d’eau froide.
  4. Porter à ébullition, puis laisser frémir 10 minutes.
  5. Égoutter.
    → Cette étape permet d’adoucir la saveur.
  6. Remettre le gingembre dans la casserole avec 500 ml d’eau propre et le sucre.
  7. Porter à frémissement doux et laisse cuire 45 minutes à 1 heure, jusqu’à ce que le gingembre devienne translucide et que le sirop épaississe.
  8. Égoutter les morceaux en conservant le sirop (délicieux dans une tisane).
  9. Laisser refroidir et sécher les morceaux sur une grille.
  10. (Facultatif) Rouler le gingembre dans un peu de sucre pour une texture plus gourmande.

Conservation 

Cette préparation se conserve plusieurs semaines maximum un mois :

  • Dans un bocal en verre hermétique, à l’abri de l’humidité.
  • Inscrire la date du jour sur une étiquette.
  • Attention : ne pas consommer s’il dégage une odeur fermentée, des traces de moisissures ou s’il est anormalement collant.

À déguster tel quel, dans les desserts, ou comme petite douceur après un repas.

S’il vous reste un morceau. Il est possible de le cultiver chez soi, dans l’amour et la bonne humeur. Mais avant cela il y a quelques précautions à prendre.

  • Prendre un gingembre frais, bio, non traité.
  • Il doit être ferme, avec des petits bourgeons (appelés « yeux »).

Étape 1 – La préparation aux petits oignons

  • Couper un morceau comportant au moins un œil.
  • Le laisser sécher à l’air libre 24 heures pour cicatriser la coupe.

Étape 2 – La mise en pot

  • Choisir un pot large et peu profond, avec un trou de drainage.
  • Le remplir d’un terreau léger, riche, bien drainé.
  • Déposer le morceau de gingembre horizontalement, yeux vers le haut.
  • Recouvrir légèrement de terre (2 à 3 cm).

Étape 3 – L’arrosage

  • Arroser modérément : la terre reste humide, jamais détrempée.
  • Placer le pot dans un endroit lumineux et chaud, sans soleil direct.

Patience ça pousse, les premières pousses apparaissent après 2 à 4 semaines.

❀ Le gingembre rappelle que le feu juste, en toute chose, éclaire sans brûler.

J’ai des doutes

La vie n’est pas un fleuve tranquille.
Les vents tournent, nous bousculent, nous tourmentent et ne manquent pas de nous déstabiliser. Les doutes pointent alors, immanquablement, le bout de leur nez.

Mais il existe deux repères solides une fois qu’ils sont établis : nos règles de vie et nos valeurs.

Éloignons-nous des bancs d’école, de notre éducation et de nos loyautés invisibles.
Il existe des règles imposées, des règles que l’on s’impose. Mais parce que la vie est faite de choix, il existe aussi nos propres règles, celles que nous pouvons choisir, dans la bienveillance envers soi et envers autrui.

Il existe une myriade de bonnes raisons :

• Être en phase avec son âme et sa conscience
• Améliorer son bien-être
• Accroître le respect de soi et des autres
• Mieux gérer son temps et son énergie
• Améliorer ses relations
• Assumer sa part de responsabilité
• Protéger son jardin secret.

Dans ce contexte, toute raison est valable, pourvu qu’elle soit juste pour soi.
Et surtout, veillons à établir ces règles dans la liberté intérieure, avec l’intention de faciliter, voire de simplifier, notre vie.

Loin de l’ego et du narcissisme, une valeur est ce qui guide nos choix personnels.
C’est ce que je suis lorsque je m’endors le soir, au terme de la journée.
C’est ce qui resurgit lorsque le doute s’installe.

Elle peut présenter des similitudes avec une idée morale, mais il est plus juste de la considérer comme un fil conducteur.

Une valeur est un axe intérieur, un repère silencieux qui influence :

• la manière d’aimer
• de dire non
• de rester
• de partir
• de se taire
• de transmettre.

Une valeur n’est en aucun cas un sacrifice.

Allez-y par étapes, une chose à la fois :

• Faire la liste de ce qui convient de conserver
• Écrire ce dont il est nécessaire de se séparer.

Et lorsque nous nous sentons prêts, après avoir observé l’ensemble des axes de notre vie, nous passons à l’action.

Les mots et les pensées s’envolent. Il est donc précieux de les ancrer par écrit.
Veillez à utiliser des phrases affirmatives et formulées de manière positive.

Évitez les tournures négatives, notamment le fameux « ne pas » : le cerveau a tendance à les traiter moins efficacement et à focaliser sur le mot-clé plutôt que sur la négation.

Exemples :
• « Ne pas oublier » → préférer « penser à »
• « Ne pas éviter » → préférer « affronter ».

Dans tous les cas, choisir des phrases affirmatives, courtes, ancrées dans le présent.

Chacun les partagera à sa manière : seul, en famille, dans son cercle d’amis.
Selon les situations et votre personnalité, vous pourrez les transposer afin de les relire régulièrement :

• Sous forme de poème, avec ses propres mots
• De manière structurée, comme un article de journal daté
• Dans un cadre, avec ou sans illustration
• Rien que pour soi, dans un bullet journal ou un journal intime
• Sous forme d’engagement :
« Moi, Aiyana Catori, je m’engage à… »
• Par le biais d’un rituel en nature (voir plus bas)
• Ou simplement dans son cœur.

Le meilleur moyen d’aiguiser notre créativité reste de nous connecter à notre cœur.

Une fois nos valeurs et nos règles de vie posées — reflet de notre psyché — le chemin devient plus limpide.
Grâce à nos engagements personnels, nous cultivons :

• l’alignement
• la vérité intérieure
• la gratitude
• la responsabilité.

Et déjà, de belles synchronicités se présentent sur notre chemin.
Incarner ses valeurs devient alors inspirant pour les autres.

Une autre manière de choisir et d’incarner ses règles et ses valeurs.

Il est possible de débuter ce rituel en nature par une courte marche, en marchant lentement, en prenant le temps d’observer le vivant. Puis, le moment venu :

• S’installer dans un espace où l’on se sent en sécurité et où personne ne pourra interrompre ce rendez-vous avec son être
• Observer la nature en se connectant à ses sens
• Fermer les yeux et respirer, inspirer par le nez, expirer par la bouche, sans forcer
• Formuler cette intention :
« Je prends ce temps pour écouter ce qui, en moi, cherche à s’aligner. »
• Prendre quelques minutes de silence.

Puis relire ses règles de vie et ses valeurs actuelles (si elles existent).

• Observer ce qui se manifeste dans le corps (détente, résistances, chaleur, inconfort…), dans l’accueil.

Sur une feuille :

À gauche
Écrire ce dont il est préférable de se détacher :
• règles devenues trop étroites
• valeurs héritées mais non choisies
• engagements qui ne te ressemblent plus.

À droite
Écrire ce qu’il est préférable de nourrir :
• une valeur essentielle
• une règle simple
• une intention claire.

Formuler ensuite un engagement, par exemple :
• « Je m’engage à respecter mon rythme. »
• « Je choisis la clarté dans mes relations. »
• « Je protège ce qui est précieux pour moi. »

Puis, le temps venu, remercier intérieurement pour ce moment de vie dans la nature.

❀ Une fois cette étape franchie, parce que tout est mouvement, changement et adaptation, il est naturel de réinterroger ses règles de vie et ses valeurs lorsque le moment s’y prête. Pourquoi pas à la fin de chaque année, lors de l’heure du bilan annuel ? Ou encore à l’occasion d’un anniversaire ou d’un changement de saison !

Tu es de ma famille

Les repas et les célébrations en famille sont des moments de partage où chacun anticipe, vit plus ou moins bien selon son histoire personnelle. Nous y allons d’aplomb ou avec des pieds de plomb.

Les fêtes de famille invitent des myriades d’émotions en chacun et suscitent des réactions différentes.

Pour l’un, il s’agit de moments de vie où l’inconscient et les blessures de l’âme se manifestent à l’imprévu. Et pile, comme un cheveu dans la soupe, une contrariété, une colère se révèle à notre insu. Il suffit d’un rien : une personne trop enjouée à notre goût, une incompréhension, un regard qui en dit long, un parfum, une tenue qui indispose, un mot de trop qui résonne et nous renvoie à notre situation personnelle, à notre enfance.

Et soudain, l’entrée a un goût amer, le plat perd en saveur, le ragoût paraît réchauffé, le sujet tombe à plat, la moutarde nous monte au nez. Quant au dessert, il paraît de mauvais goût, jusqu’à nous renvoyer à notre désert de Gobi.

Et bien au contraire, pour d’autres, les événements familiaux sont des souvenirs en devenir, des cadeaux de la vie où les papilles se régalent. Nous trépignons sur notre chaise, les yeux luisants, dans l’attente que le petit dernier de la famille finisse sa sieste, de voir arriver le gâteau, le cadeau, la belle surprise. Un repas où chaque bouchée compte. Hum… que ces mets sont délicieux : « merci la vie ! »

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir une famille.
Mais tout le monde a la possibilité de tisser des liens d’amitié et de partage avec autrui.
Soyez assurés que vous faites partie de ma famille.

Un objet qui s’apparente, à première vue, à une structure lambda composée d’une planche positionnée sur quatre pieds avec bien souvent quatre angles droits et quelques petites vis.

Mais c’est un endroit stratégique de la maison.

La table représente l’un des endroits privilégiés des familles. Un espace censé unir et réunir tous les membres du cercle familial, voire des communautés.

Il est donc préférable d’arrondir les angles en évitant les sujets de discorde, en invitant la compassion, l’oubli conscient, voire le pardon, au risque sinon de courir à l’indigestion

Connaissez-vous l’origine de l’expression faire table rase ?
À moins que vous ne préfériez mettre de l’eau dans votre vin

Les tables rondes favorisent l’harmonie autour de la table. Un temps de pause, un moment de ressourcement.

Dépourvues d’angles droits, elles permettent à l’énergie de circuler librement à l’infini et permettent à toute l’assemblée de se voir (sans angle mort). Et chacun y trouve sa place sans mettre une personne à part.

Avant de dresser la table, il peut être pertinent d’aérer quelques minutes la pièce avec l’intention d’inviter l’harmonie et la joie dans le foyer.
Ses préparatifs sont importants. C’est un « outil » énergétique pour prendre soin, un meuble à chérir. Il est donc préférable qu’elle soit :

• bien propre
• désencombrée
• avec ou sans nappe, mais la nappe n’est-elle pas le symbole de la robe de la table que l’on « dress* » ?
• avec de la belle vaisselle ou le service familial transmis par une grand-mère de l’arbre généalogique
(un lien visible qui nous relie à l’invisible)
• avec une ou plusieurs bougies allumées pour inviter la lumière
• avec des fleurs naturelles, des pommes de pin, etc., symboles de beauté naturelle et du vivant
• avec une carafe d’eau, symbole de l’amour à partager ensemble
• avec la possibilité d’inscrire le prénom de chacun sur un papier : une marque d’affection touchante qui s’adresse au cœur de chacun pour dire « tu es le bienvenu ! »
• avec des attentions particulières pour mettre les enfants et les animaux en sécurité (attention aux cacahuètes, baies toxiques, petits objets, etc.), ainsi que pour les personnes sujettes aux allergies, suivant un régime ou concernées par des addictions
• avec ou sans musique douce.

La musique est plus qu’un détail. Elle marque le tempo et fait toute la différence dans l’ambiance, mais elle parle à chacun selon sa génération. Y compris, et surtout, pour les personnes souffrant de migraines, de vertiges, d’acouphènes, de surdité ou d’autres pathologies, qui seront fortement impactées par cette attention.Elle agit également auprès des aînés, soudain plus souriants, plus bavards, plus présents.

J’ai failli oublier : avec ou sans sel ?
Dans tous les cas, loin de la tatie inquisitrice, de surcroît superstitieuse… On ne sait jamais, si la salière venait à se renverser, cela pourrait porter malheur !
Plus sérieusement, lors des préparatifs, les personnes suivant un régime pauvre en sel apprécieront que le repas ne soit pas salé.

Chaque famille a son histoire et ses secrets.
Tels des rituels, il existe des éléments essentiels à transmettre aux générations à venir :

• la légende familiale
• la chanson culte
• les valeurs implicites
• les talents de nos ancêtres
• la recette de la confiture de notre mère, elle-même transmise par l’une de ses arrière-grands-mères qu’elle n’a pourtant jamais connue.

Les enfants, à table !

Sur la chaîne météo du jour : il va pleuvoir toute la semaine.
Je zappe.

Sur la chaîne des informations : veuillez m’excuser, je viens de lâcher, à mon insu, quelques jurons.
Je zappe.

Ah non… qui a caché la télécommande ?
Que disions-nous déjà ?

Les petits farceurs, ils viennent de me rendre ma télécommande. Je les aime beaucoup.

C’est justement l’heure de ma série préférée.
Enfin, le héros embrasse l’héroïne.

Ah, voilà le petit dernier de la famille qui se réveille ! Il est merveilleux, il balbutie déjà des « areu » !

Mon intuition me souffle de vous laisser découvrir ou redécouvrir ce conte (également disponible en version audio), à votre rythme et au gré de votre envie, sans vous révéler aucun indice à son sujet.

Ainsi, vous pourrez le vivre pleinement et laisser émerger les messages qui vous sont destinés.
Mais peut-être ne fait-il pas partie de votre festin…

Comment souhaitez-vous terminer le repas ?

• par un jeu récréatif
• un karaoké
• un conte sans en expliquer les mystères
• un atelier manuel où chacun invitera sa créativité
• un visionnage des albums photos de famille.

Et si tout le monde est en capacité, rien de tel qu’une balade digestive dans la nature en famille.

❀ Partager un repas lors d’un événement familial, c’est offrir un temps suspendu où le lien reprend sa place, où la mémoire circule et où la famille, sous toutes ses formes, se retrouve autour de l’essentiel. Un moment de vie où les sourires sont des cerises sur le gâteau, avec ou sans crème chantilly !

Proverbe africain — « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. »

* qui signifie robe en anglais.

Qui a peur du grand méchant loup ?

La peur, une émotion qui nous met dans tous nos états et nous malmène dans les méandres de la nuit.
Le loup, hors ou dans la forêt, fait trembler les enfants.
Le méchant loup, un vrai cauchemar à lui tout seul. Un archétype bien présent dans les contes et légendes.

C’était par un rude hiver, l’air était glacial. Grizzly restait pétrifié des nuits entières aux confins d’une grotte.
C’était un ours fort, solitaire, introverti, incompris de tous et parfois même en marge avec lui-même. Alors, souvent, il grommelait, il geignait et hurlait parfois même. Toujours en secret, de peur de déranger, de peur de se faire entendre.

Les jours et les nuits passèrent. Tous identiques. Le temps semblait ralentir et le froid devenait de plus en plus mordant.
Par une nuit de froid extrême, une nuit d’hibernation pourtant, Grizzly se réveilla soudain en sursaut, affolé.

Ce n’était qu’un courant d’air. Il ne faisait que passer, comme beaucoup de choses dans la vie.

Malgré tout, il resta un instant éveillé, à tenter de dompter l’esprit malin qui s’agitait dans sa tête et l’empêchait de se rendormir. Alors, il s’assit, observant le brouillard dans la noirceur de la nuit. À l’heure où tous les autres ours hibernaient, il resta de longues heures tétanisé à écouter le brouhaha de son mental s’agiter. Son estomac vint à se manifester et des borborygmes résonnèrent dans le vide, faisant écho jusque dans les fissures de la pierre, effritée par endroits.

Les sens annihilés, il finit par se recoucher à même le sol et par se rendormir dans le chahut de ses tourments.

Et un jour, au crépuscule, à la veille du printemps, Grizzly se sentit attiré par les premières lueurs du soleil à l’Est. Il sentit un étrange frisson parcourir l’entièreté de son corps. Il s’étira, de peur de se froisser un de ses muscles encore engourdis, et sortit le bout de son museau pour humer l’air. Il avança d’un pas et, déjà lassé et effrayé, il retourna au fond de la grotte.

Le lendemain matin, attiré par la beauté d’un cri strident d’un aigle dans le ciel bleu, il fit un pas de plus et sortit. Il continua à avancer hors de la grotte à pas de loup, un tantinet anxieux. Il regarda le grand oiseau qui déployait ses ailes et s’élevait en direction du soleil au zénith. Mais il était déjà trop tard, l’oiseau était déjà hors de portée.

Il fit demi-tour pour rejoindre sa grotte, mais il fut surpris par un loup, qui lui sembla féroce. Ancré sur ses quatre pattes musclées, les yeux brillants, la fourrure impeccable, il se tenait face à Grizzly. Que faisait-il là ? Les loups ne sont pas censés sortir au grand jour. Il sembla alors à Grizzly qu’il voulait le mettre en joue.

Grizzly ferma les yeux un instant. Son rythme cardiaque s’accéléra, son pouls s’affola, l’air vint à manquer et il s’asphyxia. Comment pourrait-il retourner dans la grotte froide qui, soudain, semblait bien chaleureuse ?

Le loup sentit la peur qui s’empara de Grizzly. De ses crocs acérés, il mordit Grizzly sur le côté droit de son flanc, le côté où il était le plus habile. Bien que Grizzly fût résistant, une nouvelle fois, il tenta de fuir. Mais le loup rusé avait déjà un coup d’avance et le rattrapa par la peau du dos pour le plaquer au sol.

Désespéré, Grizzly poussa un hurlement puissant, à mi-chemin entre la plainte et l’apitoiement sur soi, et ne bougea pas d’un poil.

À sa grande surprise, il vit le loup reculer.
Mais très vite, le loup revint à la charge. Soudain envahi par une force mystérieuse, Grizzly leva ses pattes avant et montra, menaçant, ses griffes robustes comme une mise en garde. Le loup recula d’un pas et, sans réfléchir, il revint à la charge.

Le combat reprit de plus belle.

Un nouveau cri strident résonna à l’ouest dans le ciel. Grizzly rouvrit les yeux avec douceur.
Alors que Grizzly était aux pays de ses songes, le loup avait passé son chemin. À pas de géant, il courut à l’intérieur de son refuge, mais Grizzly fut contraint de faire un grand écart. Le loup venait de prendre possession de la grotte.

Effrayé, Grizzly choisit la fuite, mais l’aigle se tenait à l’entrée et l’empêchait de sortir du lieu. Le loup fit un pas et lui planta les yeux dans les siens. Grizzly recula d’un pas et se redressa sur ses pattes arrières. Une goutte d’eau perla du front de Grizzly. À cette hauteur, le loup lui parut plus petit, ce qui eut pour effet de ralentir le rythme de son cœur qui, jusqu’ici, semblait s’être perdu quelque part dans un recoin de la grotte.

À cette distance, il vit pour la première fois la couleur de la fourrure du loup. Et il découvrit un loup blanc à l’allure majestueuse. Cela eut pour effet de l’attendrir. Et toujours dans le silence, après un long moment de contemplation, Grizzly descendit dans son cœur. La grotte sembla se réchauffer et tous ses membres se détendirent. C’est alors qu’en observant le sol, Grizzly vit le fil rouge qui le liait au loup et soudain, le loup lui sembla presque vulnérable.

L’aigle, derrière Grizzly, dit à son attention d’une voix sereine :
— Il est l’heure. Que choisis-tu : laisser partir ta douleur pour créer ta réalité ou continuer à vivre dans ton monde imaginaire ?

Grizzly hésita quelques minutes. Le loup lui paraissait si doux à présent. Il soupira longuement et, l’instant d’après, il croqua le fil rouge à pleines dents. Le loup, un tantinet triste, se leva et quitta la grotte. Un grand courant d’air s’engouffra dans la grotte, mais le loup ne cilla pas et avança d’un pas déterminé.

Lorsque le loup fut sorti, le soleil illumina toute la grotte. Avant de reprendre son envol vers le nord, la direction de l’étoile polaire, l’aigle se retourna et dit :
— Cher Grizzly, prends bien soin des fleurs et des abeilles pour être certain de toujours avoir du miel.

🌺 Texte écrit par Aiyana Catori